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  • : Les lectures de Mélusine.
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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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Cléo et Sam de Helen BROWN

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 17:09

La belle amour humaine

 

Titre : « La belle amour humaine »

Auteur : Lyonel TROUILLOT

Éditions : Actes Sud

Date : 2011

Genre : Roman

Nombre de pages : 170

ISBN : 978-2742799206

 

Résumé :

 

Dans un petit village côtier d'une île des Caraïbes, une jeune Occidentale est venue, sur les traces de son père,  éclaircir l'énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Au fil de récits qu'elle recueille et qui, chacun à leur manière, posent une question essentielle – "Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?" – se déploie, de la confrontation au partage, une cartographie de la fraternité nécessaire des vivants face aux appétits féroces de ceux qui tiennent pour acquis que le monde leur appartient.


Mes impressions :

 

Dès les premières pages l'auteur plante le décor. Il est le taxi-guide d'Anaïse jeune occidentale venue en Haïti sur les traces de son père et de son grand-père.

Il révèle la vérité du village d'Anse à Fôleur mais pas seulement car il parle d'Haïti et desa capitale. Il ne s'arrête pas en si bon chemin, il extrapole et les compare avec les villes occidentales.
« 
Haïti est l'île Maudite ». Ceux qui débarquent dans celle-ci « ont dû consulter quelques catalogues de l'horreur, recueillir un maximum de statistiques et d'histoires extraordinaires, visiter leurs médecins et dresser une liste de maladies tropicales avec la description de leurs premiers symptômes » et pourquoi alors ce pays est-il si différent des autres pays ?. Au plus on apprend à la connaître à travers les dire de Thomas au plus le fossé entre les occidentaux et les insulaires s'amincit .

Il raconte son village qui vit de la pêche et qui en fait quelque part sa richesse. Il nous le fait regarder à travers les yeux des habitants qui aiment leur pays mais aussi avec les yeux des gens qui le « connaissent » de loin.

Il n'est pas dupe et le signifie à Anaïse et à nous lecteurs ; sommes nous victimes de notre vision des choses ?L'auteur dénonce la violence, la supercherie, les aléas mais aussi la misère et les richesses de chaque contrée.

Il y a un écart, un décalage, entre le village calme et la ville bruyante ; la vie y est différente, les couleurs aussi y sont différentes.« Au fait comment savoir si les couleurs de la tristesse sont les mêmes partout ? »

Il y a la luminosité d'une coté, les bruits, les rumeurs, les colères, la saleté et la misère de l'autre. L'auteur prend Anaïse à témoin et par la même les lecteurs : « Quand les touristes nous reviennent il n'y a pas que du beau dans ce qu'ils racontent et où est-il écrit que les mots savent nommer les choses à leur juste mesure ! .Tous les lieux habités sont faits de manques et de trop plein . Il n'y a pas d'un côté la misère et de l'autre la beauté. Mais chaque lieu a un peu des deux. ». Anaïse lui répondra plus tard : « Personne n'a songé à te dire que la parole sert parfois à trouver les mots, à les sortir de leur cachette, afin qu'ils nous aident à nous révéler à nous-mêmes ».
Plus loin Anaïse comparera les deux capitales. « 
La différence entre ta capitale et la mienne c'est que chez moi les pauvres sont assez riches pour oublier qu'ils sont pauvres ».

 

Ce roman se présente comme un voyage (initiatique?) ; celui que fait Anaïse avec le guide qui est aussi le narrateur.
Elle arrive d'occident et vient en Haïti au village d'Anse Fôleur à la recherche du passé de son père, mais aussi pour lever le voile sur la mort suspecte de son grand père et de son ami un colonel à la retraite, lesquels sont décédés dans un incendie. Un enquêteur sera dépêché pour cette affaire afin de trouver les raisons de ces morts curieuses. Règlement de compte, haine, coïncidence ? Sa grand-mère trompée par son mari aurait pu avoir un désir de vengeance par jalousie. Serait-elle la meurtrière ?
L'enquêteur va devoir tenter de comprendre pourquoi une amitié était née entre deux hommes tellement différents.
Pierre André Pierre ancien chef de la police politique,

Robert Montès homme d'affaire. Tous deux étaient des hommes connus, des hommes de pouvoirs mais chacun avait une manière singulière de l'exercer.

Leur couleur de peau diffère, leur caractère aussi, leur façon d'être et de se comporter étaient bien spécifiques, alors ? Qu'est-ce qui les liaient si fort ?

Anaïse et Thomas, comme l'enquêteur, progressent dans l'histoire et dans les causes de l'incendie mais avec les explications, les raisons sont troubles. Déterrer le passé ne le changera pas ni même ne modifiera le présent. Il peut même s'en trouver dangereux d'adopter ce comportement.

L'auteur tente alors de répondre à cette question : quel usage faut-il faire de sa propre venue au monde ?
Thomas va alors fixer les détails du village et des villes.
Est-ce que le lieu où l'on né prédispose et prédestine de notre vie toute entière ?
Que l'on naisse blanc ou noir n'a t-on pas la même couleur de sang et qu'est ce qui fait que nous nous disons dissemblables ?
L'auteur semble vouloir montrer que la fin, en l’occurrence la mort des deux amis se produit au même moment et dans un même lieu pourtant ces deux là étaient nés dans deux pays ou villes différents, ont rencontré des personnes de bords et d'apparence opposés ; mais les conséquences dans la mort sont les mêmes pour tous, par contre les rencontres peuvent changer totalement le cours de chaque vie.
Dans une dialectique il nous prouve que la vie est ce que nous en faisons aussi.
Le hasard des destinés est-elle irréfutable ? Peut-on modifier nos comportements ?
Il nous apprend à ne pas juger mais à essayer de s'interroger pour comprendre.


Un livre qui se veut philosophique, humain et profondément sensible.
L'auteur avec cette histoire emprunte de nonchalance nous aide à prendre conscience que nous devons apprendre à vivre ensemble, à s'unir pour être plus forts, à nous enrichir de nos différences. Le pouvoir n'est pas la réponse à tout. « 
Les Guerres ne sont peut-être que la violence du choc de deux temps qui se nient ».
Le ton est plutôt joyeux malgré la thématique. Le style de la narration est poétique ce qui rend la lecture de ce voyage agréable tout en nous interrogeant.

L'auteur pendant le voyage parle du passé, du présent et de l'avenir.

Il faut vivre avec ses trois entités sans chercher à les confronter. De même qu'il faut « faire avec » les autres sans chercher à établir un pouvoir « sur les autres ».

La fin est ponctuée par les pensées d'Anaïse, qui au terme de son voyage répond à Thomas.

Elle lui raconte ses rencontres effectives et affectives avec Justin l'homme qui fait les lois, sa grand-mère, l'oncle de Thomas, Solène tous ces personnages qu'il lui a alors présentés oralement pendant le trajet.

 

Les heures passent Thomas et Anaïse se rapprochent de la fin du trajet, qu'il soit philosophique, personnel géographique ou de mémoire. Nous avons appris à connaître la famille d’Anaïse, le père, la grand-mère le grand père ….vivant en Haïti. Sont -ils différents des les occidentaux ?
« 
Anaïse est venue chercher un père. Elle ne l'a pas trouvé. Elle n'a trouvé que des humains vivants »
J'ai aimé la parabole sur « la gouverne » le pouvoir et sur l'aide apportée aux pays pauvres. L'auteur s'appuie sur le jeu des enfants pour l'expliquer : « 
Je n'ai pas l'habitude de courir sur les galets et les enfants m'ont dit que j'étais trop grande pour jouer avec eux, mais que je serais sympa d'arbitrer leur match. J'ai arbitré. Consciencieusement. C'était la première fois qu'on me confiait une telle responsabilité. Celle de la décision la plus juste pour une solution à un problème extérieur à moi ».... « plus tard j'ai réalisé qu'ils pouvaient se débrouiller sans moi et et adoptaient sans mon aide la bonne décision »

Il faut faire avec les autres, au mieux, pour finalement « être ensemble » et « faire ensemble » et ainsi mieux vivre.
Pour finir, la vie est comme un tableau qu'il appartient à chacun d'entre nous d'y mettre des couleurs, peut importe notre lieu de naissance ….
Un roman que j'ai apprécié pour sa justesse et la fraternité qu'il dégage. Avec Lyonel Trouillot je n'en attendais pas moins.

 

Merci à la Librairie Chapitre et Price Minister pour ce Match de la rentrée.

 

A noter que de cet auteur j'ai lu "Rue des pas perdus"

 

 

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commentaires

Géraldine 28/10/2011 20:38


S'il gagne le prix Goncourt, l'auteur viendra à Rennes et alors là, j'achèterai le livre !


Mélusine 29/10/2011 08:29







Antoni 26/10/2011 10:36


Bon, je ne connais pas, cela ne te surprendra pas, évidemment !!!, mais j'ai vu un court sujet qui lui était consacré à la télé cette semaine.
Il est d'ailleurs principalement présenté comme l'auteur du précédent livre que tu as lu.
A bientôt Mélusine.


Mélusine 26/10/2011 19:25



Oui cet auteur est vraiment appréciable.



Yv 17/10/2011 10:01


J'ai choisi le livre de David Vann pour ce challenge, je n'aurais pas dû. J'aurais dû prendre celui de Lyonel Trouillot dont j'avais déjà aimé Yanvalou pour Charlie


Mélusine 21/10/2011 08:44



Aïe ! dommage alors mais j'espère que tu auras l'occasion de lire le Trouillot.



Laeti (histoires-de-livres) 14/10/2011 09:40


Ah bon! J'ai pourtant bien précisé que c'était toi qui me parrainait.... C'est pas très honnête de leur part...


Mélusine 14/10/2011 17:47



Je pense que ce doit être difficilement faisable leur idée de parrainage.


 



Laeti (histoires-de-livres) 13/10/2011 08:51


Ca tombait bien que priceminister propose ce livre.... Je comprends que ce soit celui-ci que tu aies choisi :) Au fait, en as tu eu un deuxième grâce au fait que tu m'aies parrainée?


Mélusine 14/10/2011 08:41



Non pas de second livre. Ce n'est pas grave que je n'ai pas été contactée. Le principal est d'avoir permis à des personnes de recevoir un livre et de découvrir ces matches.