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  • : Les lectures de Mélusine.
  • Les lectures de Mélusine.
  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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Lecture en cours

Cléo et Sam de Helen BROWN

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:18

Bonjour à tous,

Pour des raisons pratiques et personnelles ( insatisfaction de la nouvelle version d'Over-blog) je viens de changer de plate-forme hébergeur.
J'ai créé un nouveau blog sur Eklablog.
Mon nouvel espace s'intitule : Les lectures de Sudisine


Rien ne changera au niveau de la présentation et de l'organisation : je continuerai de lister mes lectures avec des articles dans lesquels je donne mes impressions.
J'espère que ce changement sera réussi.
Dans un premier temps je vais tenter de répertorier mes coups de cœur déjà présentés sur la Book-Mélusine et les insérer sur les Lectures de Sudisine .

Merci à tous ceux et celles qui ont contribué à rendre intéressant la Book-Mélusine avec leurs commentaires :-)
En attendant de vous retrouver ailleurs, je vous souhaite une excellente journée.


Sudisine alias Mélusine

10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 17:20
« Avant toi » de Jojo MOYES

Auteur : Jojo MOYES
Genre : Roman
Éditions : Mira
Année : 2012
Nombre de pages : 478
ISBN : 978-28112010014

 

Quatrième de couverture :


Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone à souhait. Quand elle se retrouve au chômage, dans ce trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie, Lou accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

 

Mes impressions :

 

Prologue : Nous sommes en 2007 Will Trainor et Lissa s’apprêtent à passer leurs premières vacances ensemble; mais Will a un dramatique accident qui le laissera tétraplégique. Fin du prologue.
Nous nous retrouvons en 2009, dans la famille de Louisa. Elle a une sœur Treena qui a un fils Thomas, ses parents Josie et Bernard ainsi que leur grand-père vivent tous dans la maison parentale.

Lou a 26 ans, son petit ami Patrick ne jure que par le sport et plus particulièrement par la course à pied et il en oublie parfois Louisa, leur vie est plutôt monotone.
Treena et Lou ont deux caractères opposés. Si Lou a l'intelligence du cœur, elle a aussi un caractère impulsif et elle est émotionnelle. Treena est plus dégourdie et plus réfléchie.
Lou vient de perdre son boulot, elle était serveuse dans un snack bien sympathique. La vente de ce dernier la contraint à trouver un autre emploi. Elle sera la seule de la famille à rapporter un salaire puisque son père vient également d'être licencié.
En parcourant les petites annonces et en se rendant à l'ANPE, elle trouve bientôt un emploi d'aide à domicile. Elle sera embauchée par Steven et Camilla les parents de Will 35 ans, tétraplégique. Ils tentent de lui rendre un peu de sérénité. Will a décidé de mettre fin à ses jours il ne supporte pas d'être dans cette situation alors qu'avant il était sportif, homme d'affaires et aimait les voyages. Il ne peut plus rien décider de sa vie et reste dépendant de tierces personnes En Suisse le suicide assisté est toléré. Ses parents désespérés lui demandent d'attendre 6 mois avant de prendre une décision irrémédiable. Eux-mêmes souffrent de la décision à prendre.La mère de Will a embauché Lou que Will ne tente pas à nouveau de mettre fin à ses jours. Ainsi Will est en quelque sorte placé sous surveillance de Lou. Elle croit qu'elle a été embauchée seulement comme aide-soignante, auxiliaire de vie. Elle comprendra la réelle motivation de Camilla bien plus tard.
La première rencontre entre Will et Louisa est froide, Will aigri est sarcastique et ne semble pas accepter sa présence. Il ne l'accueille pas les bras ouverts. Malgré tout, Lou persiste à essayer de lui procurer un peu de joie et de soutien.

L' infirmier à domicile Nathan est un homme bon et généreux, lui et Will entretiennent une relation basée sur la confiance.

Avec son naturel Lou apporte un peu de gaieté, d’inattendu, de légèreté dans la vie de Will. Au bout d'un mois Will commence à rire, sourire et même converser. Mais son mal de vivre est tenace ; Est ce que le soutien de Lou et ses tentatives pour le divertir, lui faire accepter son état seront suffisants? Car être dans un fauteuil n'est pas la seule contrainte...Au quotidien il y a la souffrance physique et psychique, les infections récurrentes, les douleurs.

Deux solitudes se rencontrent, vont-elles se compléter ?

Et qui peut décider de ce que doit être le degré de qualité de vie d'une personne ?
Au contact de Lou, Will devient moins autoritaire il s'ouvre à elle. Leur complicité qui s'installe peu à peu est source de plaisir pour tous les deux. Ce roman n'est en rien larmoyant mais vrai sincère touchant ; il est intense et raconte le quotidien de personnes en (grande) souffrance. L’auteur a magnifiquement suggéré les difficultés existentielles respectives
Malgré la dureté de la situation de Will, il se dégage de ce roman une certaine douceur.

En avançant vers le dénouement, l'auteur donne aux principaux personnages la parole dans des chapitres respectifs. Ils expliquent leurs ressentis, leur version et leur sentiment d'un moment donné et vécu.

La vie qu'il mène après l'accident, sa dépendance oblige Will à être assisté s'il souhaite mettre fin à ses jours, il en est conscient et demande à sa mère d'être celle qui aura ce geste ultime. Est-ce supportable pour une mère ? N'est-ce pas égoïste de la part de Will de lui demander d'être complice d'un tel acte qui l'habitera toute sa vie durant ? Mais sommes-nous en mesure de jauger et de se mettre à la place de Will?
Pendant les deux derniers mois, Lou peut compter sur l'aide de sa sœur Treena pour l'aider à trouver ce qu'il faut faire pour que Will reprenne le dessus, et s'aperçoive qu'il n'est pas le seul tétraplégique sur terre et que d'autres ont appris à faire avec. Elle lui explique qu'iI n'est pas impossible de mener une vie différente tout en faisant du sport et autres choses. Arrêter de s'apitoyer est une raison indispensable pour surmonter le handicap.
Peu à peu Lou change les idées de Will, qui si au début il était froid et caractériel parfois même cynique il se métamorphose par la suite. Leur relation devient profonde, se modifie, devient plus intime, plus intense. Ils se confient et s'entraident.
Qui de Will ou de Lou a plus besoin de l'autre ? Lequel est le plus communicatif ? Will face à l'existence et à ses possibilités limitées ou Lou avec sa vie étroite et monotone avant de rencontrer Will.
Tous deux tentent chacun leur tour de faire reconsidérer la vie de l'autre.
Les personnages sont vrais, entiers, justes. Pas de pathos mais un regard juste sur les conséquences morales, physiques et psychologiques que doit supporter un tétraplégique, une personne privée de ses 4 membres supérieurs et inférieurs.

Nous lecteurs nous nous battons avec eux avec cette famille, on y croit, on est déterminé comme l'est Lou, courageuse persévérante, elle garde confiance, elle est magnifique dans son rôle ; elle restera sans doute inoubliable bien des mois après avoir refermé ce livre déchirant.
Beaucoup d’émotions et de réflexions intelligentes sur le doit de mourir, sur le droit d'être assisté rendent ce roman intéressant sur le plan humain mais aussi dérangeant. La mère de Lou ne comprend pas la décision de la mère de Will
Le style est beau, agréable parce que fluide, on sent le vécu, les craintes et les espoirs de chacun des personnages.

Que l'on soit romantique ou pas, ce mélodrame bien construit nous embarque et suscite des émotions troublantes.
Cette histoire est émouvante et m'a fait monter les larmes aux yeux ! Ce roman a quelque chose de magique et de dramatique.
Un réel coup de cœur pour moi !
À lire absolument !

 

2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 09:21
« Amazones » de Raphaëlle RIOL

Auteur : Raphaëlle RIOL
Genre : Roman
Éditions : La brune au rouergue
Année : 2012
Nombre de pages :  200
ISBN : 978-2812604577


Quatrième de couverture :

Fin d'été au Repos-fleuri, une maison de retraite où de vieilles dames survivent à leurs époux défunts. Parmi elles, Alphonsine, 89 ans, assise par hasard à côté d'Alice, 30 ans, une jeune femme venue rendre visite à sa grand-mère.
Contre toute attente, la vieille et la jeune se découvrent quelques points communs inattendus, dont le refus de la résignation et le sens de la révolte. Deux femmes qui aiment cultiver le féminin singulier et la ligne de fuite... Dans ce deuxième roman, Raphaëlle Riol confirme son talent libre. Dans ce roman ironique, elle nous embarque à grande vitesse à la suite de deux Amazones modernes dont la seule alternative pourrait être de devenir des Madame Bovary ou de tuer.

Mes impressions :

Alice est-elle logique ? : elle voit les maisons de retraite comme des mouroirs. L'espérance de vie augmente mais dans quelles conditions vivent les plus âgés ? isolés, malades, grabataires, incapacité de faire des activités....
L'ironie est grinçante quand on sait que même si l'espérance de vie augmente cela n'empêche pas la dégradation du corps, cette réalité est énoncée à peine voilée. Vivre plus longtemps oui mais seulement si on reste en bonne santé et en bonne forme.
L'auteur nous délivre un autre regard sur la vieillesse ici réaliste et sans langue de bois.
L'histoire au départ est simple, Alice va voir sa grand-mère à la maison de retraite.
Lors d'un repas ensoleillé long et ennuyeux avec les résidents elle rencontre Alphonsine assise à côté d'elle, une vieille dame pragmatique, révoltée, non résignée.
Toutes deux décident de s'échapper quelques jours. Elles fuient leur environnement. Alice embarque Alphonsine dans sa voiture, direction la maison familiale. Une escapade quasi improvisée qui les mènera du Havre, à Loupiac en Gironde, puis à Marseille, avant un retour à la case départ.
Peu à peu nous découvrons qui sont ses deux femmes à travers leurs pensées, leurs vécus, leur caractère. Elles se racontent tour à tour dans les chapitres, l'une après l'autre.
Ces deux solitudes qui se rencontrent feront par la suite étoffer respectivement le cercle de connaissance de l'autre.
Jean Bernard Cavalier collègue de travail d'Alice, il est son binôme de travail. Elle ne le supporte plus. D'ailleurs elle a donné sa démission.
L'ami (fiancé) d'Alice  Robin est décédé de façon inattendue et surprenante
D'autres personnages apparaissent, il y a Max le voisin de la campagne de Loupiac. Il est le seul homme qui ne sera pas critiqué par les femmes du roman.
Alphonsine souhaite retrouver ses copines du «club des amazones», elles sont des mamies, vivantes, remuantes, et ne se laissent pas ennuyer par les hommes de leur vie. Elles ont décidé de prendre le dessus sur eux.
Chaque personnage nous livre de son vécu, de son histoire personnelle les grandes lignes de son existence, celles qui l'a marqué.
Les femmes sont toutes révoltées, insoumises et refusent de ressembler à Madame «Tout le monde»
Alphonsine est une épouse frustrée et elle a même été l'amante d'un boucher. Ces propos sont remplis de haine et de révolte pour son mari qui ne la respectait pas...puis des hommes en général.
Derrière ses airs de «dure» Alice est une jeune femme en rébellion mais fragile, elle s'est automutilée à 17 ans et dit se réjouir de la mort de son amant. Elle a des relations tendues avec notamment sa soeur, femme rangée mère irréprochable épouse parfaite
Alice a peur de grandir parce qu'elle a peur de perdre l'innocence et entrer dans un monde hypocrite et malveillant, celui des adultes
Une part d'elle-même restera éternellement en enfance.
Alors que tout le monde s'accorde pour dire que la vieillesse égale dépendance ici nos mamies amazones sont libres, contre la résignation la «végétation».
L'humeur est morose, mais nos mamies ne s'embarrassent pas de peines inutiles, elles agissent, elles vivent à fond et refusent les clichés sur l'âge avancé et son lot de limites.
Les personnages sont attachants, de par leur singularité, leur naturel leur blessure, leur énergie parfois mal utilisées
Alice et max le voisin campagnard dévoile leur pensée, raconte leur joyeuse ou peu gaie, leur peine, leur joie. Max est sensible et apporte donc de la douceur, de la poésie et de l'amour. Lui construit des totems à l'image de la vie et de l'âme des personnes....

Le roman est une suite de réflexions, maximes parfois philosophiques, d'observations cassantes, et de confessions parfois pénibles.
Sont présentes beaucoup de métaphores surprenantes voire cruelles, cocasses notamment entre le cochon et le porc de mari de Joséphine
Alphonsine dit «longtemps que je n'étais plus sa "colombe" mais plutôt sa pigeonne, ou plutôt la dindonne de sa farce abjecte» ou
«on affronte ses peurs dès lors qu'on accepte d'y renoncer».
Ce roman démontre que la vieillesse est synonyme de temps qui passe, laissant des signes sur le corps, sur l'âme mais on peut retarder les effets dévastateurs en restant alerte, enjouées et lucides.

Frais vivifiant, inquiétant même, délicieusement ironique, féministe et drôle ce roman est un road movie Français !
L'écriture est poétique, sensible. Le roman parle des destins de femmes qui ne se veulent pas fatalistes.
Il est dynamisant ;  il dresse des portraits de femmes (soeurs, amies, mères) plus ou moins, enthousiastes, soumises On les découvre avec leur rapport à l'homme : pour les unes la révolte domine, pour d'autres c'est la satisfaction béate, ou encore la soumission ! D'autres n'aspirent qu'à la liberté.
Les propos sont parfois crus, violents, sans concessions pour la gent masculine parce que les personnages principaux règlent leurs comptes avec les hommes !

Les lecteurs machos et fiers de l'être n'y trouveront pas leur compte et seront sûrement agacés !
La fin (fatalité) se devine j'ai envie de dire douloureuse.....
Un excellent roman vif et ardent !

23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 10:44
« Un coupable parfait » de maggie SHAYNE

Auteur : Maggie SHAYNE
Genre : Policier
Éditions : Mira
Année : 2007
Nombre de pages : 424
ISBN : 978-2280856126

 

Quatrième de couverture :

 

Dangereuse coïncidence. Le jour de son arrivée dans le Vermont, Cassandra Jackson recueille River, un criminel en fuite - alors qu'elle vient d'être nommée chef de la police ! Elle risque d'être accusée de complicité et de perdre sa place. Ou de perdre la vie. Car River, tout droit sorti de l'hôpital psychiatrique, est accusé d'avoir tué sa femme dans un gigantesque incendie nocturne...
Cassandra a appris à se méfier des hommes. Et celui-ci a échappé à la prison en plaidant la folie - exactement comme l'homme qui a violé et tué sa sœur, douze ans plus tôt... Pourtant, malgré la similitude des deux drames, elle n'arrive pas à se convaincre que River est un meurtrier. Elle est sûre, au contraire, qu'il court un grand danger.
C'est à elle de découvrir la vérité et de protéger le fugitif des démons du passé. Car le feu de la nuit criminelle couve encore, et ne demande qu'à se rallumer...

 

Mes impressions :

 

Prologue : La soeur de Cassandra Marie Jackson, prénommée Carrie a été violée et assassinée.
Avant le drame Cassie faisait partie d'une famille paisible, le père Benjamin était chirurgien et sa mère Mariah était une femme sensible.
Rapidement le voisin de la famille est suspecté : Jeffrey Allen 40 ans est arrêté. Il avait deux enfants pour lesquels les deux soeurs faisaient du baby-sitting
Au jour du procès parce qu'il a plaidé la folie il n'est pas reconnu coupable...Benjamin le père veut venger sa fille et c'est parce qu'il craignait ce dénouement que dans le tribunal il le tue ! Il sera arrêté et condamné mais ne se remettra jamais de ce meurtre...
De nos jours, 14 ans plus tard nous retrouvons la famille meurtrie mais qui essaie de s'en sortir. Le père est sortie de prison, la fille Cassie est devenue policière.
River ancien policier est décrit comme un dangereux personnage. Il est interné dans un hôpital psychiatrique, il y a été admis suite au meurtre de sa femme et de l'enfant qu'elle portait. il a incendié sa maison dans laquelle la mère et l'enfant se trouvaient. Il a plaidé coupable sous le coup de la démence. Ethan son meilleur ami et psychiatre essaie de le stabiliser chimiquement avec un traitement lourd depuis qu'il a des absences dues à une balle logée dans son cerveau. Cependant River a toujours clamé son innocence. Il s'échappe de l'hôpital psychiatrique afin de découvrir la vérité, il veut mener sa propre enquête.
Victoria l'épouse d'Ethan était la meilleure amie de la femme de River.
Cassandra vient travailler près de son amie Jackie chef de police de Blackberry (Vermont); si le poste l'intéresse c'est elle qui prendra la suite lorsque Jackie partira en retraite ; Dans cette ville habitent les parents de Cassie depuis 2 ans. Cassandra voulait se rapprocher physiquement d'eux.Elle s'installe dans l'ancienne maison de River et de sa femme qui a été récupérée et reconstruite par la ville suite au meurtre.
On fait la connaissance de Dawn et Bryan, compagnons et universitaires.
Beth la mère naturelle de Dawn est mariée à Joshua qui est le père de Bryan. Dawn est fragile psychologiquement et a des visions des personnes décédées; elle voit son père et d'autres....

Le résumé de l'histoire a tout de suite attirée mon attention. Une fois lancée dans la lecture, j'ai été happée par le rythme et le scénario, mon attention n'a pas diminuée, et ce jusqu'à la dernière page.
River que l'on croit coupable, semble être innocent et victime de machination et de trahison; son chien Berger Allemand qui n'a jamais cessé de roder autour de la maison va lui être d'un grand secours....
Cependant brutalement il va apprendre des vérités qu'il a du mal à admettre.
Cassie touchée par cet homme venu rôder près de son ancienne demeure tente de prouver l'innocence de celui-ci après qu'il lui a sauvé la vie en la sortant d'un étang gelé quelques heures après son évasion de la clinique psychiatrique. J'ai aimé le courage et la détermination de Cassie qui n'écoute que son intuition professionnelle et humaine.
Cassie peu à peu est convaincue de l'innocence de River ; elle comprend qu'il est victime d'un coup monté et va s'efforcer de mener l'enquête de façon à découvrir qui avait intérêt à que ce soit River le premier suspect et le premier arrêté. Cassie espère éclaircir les secrets du passé de River et ce qui s'est réellement passé le soir de la mort de sa femme. Elle dissimule à tout le monde que River et elle sont en contact quasi permanent, puis Cassie et River finissent par éprouver des sentiments amoureux.

Le scénario est bien construit, proprement ; les personnages sont incroyablement humains et vrais, ils sont du reste très attachants. Les doutes de certains les poussent à agir efficacement.
Je me suis immergée complètement dans cette lecture dense qui m'a vraiment plu.
Les révélations sur le meurtre de Carrie, relance le scénario. Des rebondissements plus ou moins attendus permettent de rester subjuguée.
L'intrigue est vraiment bien ficelée.
Les actions s'enchaînent les unes après les autres.
Ce roman comporte un style irréprochable, les dialogues et les descriptions sont bien dosés. ni trop, ni trop peu.
L'auteur se permet d'y ajouter une touche surnaturelle, mystérieuse ce qui est bienvenu. Ce côté fantastique ne m'a pas déçue, bien au contraire; il éveille la curiosité et met du piment dans ce scénario rythmé et intéressant.
Un excellent roman dans lequel je me suis plongée pour en ressortir totalement conquise par la plume de cette auteure et de son efficacité.

18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 17:14
« L'affaire Paola » de Donna LEON


Auteur : Donna LEON
Genre : policier
Éditions : Le point
Année : 2003
Nombre de pages :  335
ISBN : 978-2020555296


Quatrième de couverture :

Le commissaire Guido Brunetti est sur la sellette : sa propre femme, Paola, est arrêtée après avoir démoli la vitrine d’une agence de voyages. Pourquoi cette folie ? Paola suspecte l'enseigne de promouvoir le tourisme sexuel. L'affaire se corse avec l'assassinat du patron de l'agence. Seul indice : une lettre l'accusant d'être un pornographe. La carrière et la vie sentimentale de Brunetti vont s'en trouver quelque peu bousculées.

Mes impressions :

Ce livre raconte la première d'une longue série d'enquêtes du Commissaire Brunetti
L'action se passe à Venise et l'Italie en général : Pays du commissaire Brunetti de sa famille et de ses collègues.
La légèreté et l'originalité de l'entrée en matière ne me persuadaient pas que ce serait un bon roman policier. Il s'agit d'un acte de vandalisme d'une femme en pleine nuit sur une boutique, une agence de voyages précisément. Arrivé au commissariat, surprise ! le policier qui a ramené la suspecte dans les locaux s'aperçoit qu'il s'agit de la femme du commissaire Brunetti. Paola enseignante intelligente à l'université.
Paola se révolte contre le tourisme sexuel et tente d'éveiller la conscience publique pour mettre un terme à ces agissements.Elle emploie beaucoup de son énergie pour défendre le droit des enfants au grand dam de son époux. Elle est déterminée à mobiliser l'opinion publique et le gouvernement, à ouvrir les yeux et à faire bannir et punir le tourisme sexuel. Elle parle justice et protection de l'enfance. Quelques jours plus tard le propriétaire de cette agence sera assassiné et bien sûr Paola sera la première personne suspectée.Mitri a-t-il été assassiné en tant qu'organisateur de tourisme sexuel, accusé de pédophilie et propriétaire de l'agence de voyage qui encourageait ou facilitait cette pratique ou bien pour une autre raison ? Brunetti essaiera pourtant de faire abstraction du lien marital tout en tentant de disculper sa femme puisqu'il l'a croit incapable d'un tel crime.
Même si l'affaire la concerne au début Paola restera tout a long le personnage secondaire tandis qu'une autre affaire liée vraisemblablement à la première occupera le commissaire Brunetti...

Pour ma part, j'ai trouvé que l'auteur insiste beaucoup (trop ?) sur la description de l'acte de vandalisme de Paola. L'histoire tarde à se mettre en place. Le thème central sera le tourisme sexuel mais brièvement car une seconde affaire liée à la mort du patron de l'agence Mitri arrive en tête : un trafic de médicaments périmés et envoyés dans les pays du tiers monde ou alors des médicaments trafiqués pour les rendre authentiques avant de les vendre. Une véritable affaire de contrebande.
Parallèlement une histoire de braquage de banque à Trévise dont se charge Brunetti, refait surface. Les protagonistes sont reliés à Mitri et au propriétaire de l'agence de voyages. Un témoin  décode de témoigner pour finalement se rétracter suite au meurtre de sa femme en guise d'avertissement...

Il y a donc une double enquête et double motif d'assassinat. Dans un premier temps Brunetti sera suspendu de l'enquête, pour finalement la mener, avec encore plus de détermination,  efficacité et méthode directe.

Brunetti est tiraillé entre sa conscience et le devoir que lui confère son métier : arrêter les coupables, or sa femme est pénalement répréhensible....
Brunetti étant commissaire il n'est pas facile pour Paola d'agir presque en toute impunité et elle risque de mettre à mal la carrière de son époux.

En ce qui concerne l'enquête, les interrogatoires menés par Brunetti sont dirigés à la perfection, de façon insinueuse, maîtrisée,  claire, on comprend facilement les tenants et les aboutissants des faits et gestes des personnages corrompus. Peut-être est-ce trop "propre" ce qui enlève de l'originalité et de l'artifice.

Le style maintenant,  il y a beaucoup de descriptions dans les faits et gestes des personnages.
Le rythme cependant est un peu lent, pour ne pas dire mou même si dans la seconde partie il s'accélère, ce roman manque de suspense et de rebondissements.
Au fil des pages je me suis laissée porter par l'écriture, le ton et par le commissaire Brunettti sympathique, proche de nous au caractère attachant.
Il s'entoure de son beau-père et de la signora Elettra secrétaire efficace à la questure. Sa vie de famille est relatée brièvement ce qui quand même m'a permis d'éveiller mon côté intérêt grâce à la "psychologie" que j'aime retrouver dans les romans que je lis.
Je donnerai le conseil suivant aux éventuels lecteurs, ce roman est à éviter si on est à la recherche d'un roman policier d’action avec un suspense vibrant. Mais il est cependant intéressant puisqu'il se lit facilement , on ne se prend pas la tête sur une intrigue compliquée. De plus bien que les personnages sont bien campés ils sont dépourvus de trop de densité. L'enquête est bien menée dommage que le suspense soit dosé dans un rythme reposant.

 

7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 16:52

La cascade aux loups

 

Auteur : Antonin MALROUX
Genre : Roman
Éditions : Calmann Lévy
Année : 2012
Nombre de pages : 311
ISBN : 9782286092405

Quatrième de couverture :

Dans un hameau d’Auvergne dans les années vingt, Emma aide aux travaux de la ferme auprès de ses parents. Elle tombe amoureuse d’un vacancier qui l’emmène à Paris pour la présenter à sa famille, dit-il.
Emma ne réapparaît que deux années plus tard pour confier son enfant, Denis, à ses parents. Puis elle repart et ne donne bientôt plus aucune nouvelle.
Denis grandit chez ses grands-parents qui l’élèvent comme leur fils. Au début, pour le réconforter, on lui répète que sa maman viendra le récupérer mais le temps passe et Denis ne sait plus, ou ne veut plus savoir, qui est l’inconnue sur la photographie. Peut-être, même, refuse-t-il désormais qu’elle revienne…

Mes impressions :

Ce livre fait écho en moi.
Emma 19 ans vit à la ferme avec ses parents dans la campagne Auvergnate au village Coste Soleil, commune de Braillac. Ils sont agriculteurs et le travail ne manque pas au quotidien.
Elle s'éprend de Ludovic Moisson, un Parisien venu passer des vacances dans la région....Marie Thérèse sa mère voit d'un mauvais oeil cette liaison et l'avenir ne lui donnera pas tort....Un Parisien ne reprendra pas la ferme.
La tradition veut que les paysans se marient entre eux pour assurer la relève mais parfois certains sont contre ce choix de vie, alors ils partent vers Paris, vers ce qu'ils pensent être la vraie vie.Et c'est ce qui arrivera à Emma qui partira avec Ludovic...folle d'amour.
Les mois passent Emma ne revient pas, elle écrit quelques courriers à ses parents, mais ne leur parle jamais de sa vie. Elle leur annoncera malgré tout la naissance de Denis quelques mois plus tard.
Dans le village on parle...le regard des autres blesse les parents d'Emma. L'ironie des réflexions leur fait de la peine mais ils n'auront de cesse d'attendre et espérer le retour d'Emma.
Trois ans après son départ,  elle revient en 1927confier à ses parents le petit Denis son fils. Elle ne raconte pas sa vie et ne parle pas du père de Denis. Elle repart mais pour où ? L'Amérique ? Paris ?
Les parents ne supportent plus l'absence de leur fille ; les années et les saisons se succèdent. Si Marie-Thérèse pense que sa fille ne reviendra pas, son père espére la revoir au plus profond de lui.

Au rythme des saisons, l'auteur fait le récit de la vie de Denis abandonné par sa mère quand il avait 2 ans et confié à ses grands-parents. Il attendra chaque jour de son existence le retour de celle-ci dont le visage s'est effacé peu à peu de sa mémoire.
L'auteur nous émeut avec ce portrait pudique et bouleversant d’un enfant aux prises avec la blessure inguérissable de l’abandon.
Quand Denis a une dizaine d'années son grand-père l'amène à la cascade aux loups, un endroit sublime, merveilleux....Le grand-père est allé sur Paris pour tenter de comprendre...Il entend des révélations sur Emma de la part de quelques personnes qu'elle a cotoyées mais n'ose les croire; c'est si difficile pour un père d'admettre la vérité.
Denis apprend la vie au contact de ses grands-parents, de ses camarades de classe plus ou moins sympathiques...il n'oublie pourtant pas sa mère, il nourrit l'espoir qu'elle l'aime et qu'elle reviendra le chercher.
Pour apaiser sa peine, Denis se prend au jeu de la ventriloquie, ce qui va l'aider, cela devient une passion qui amusera son entourage et les gens du village.
Il grandit, puis la guerre éclate. En 1943 elle ne les a pas touchés directement mais ils en ressentent les blessures....
Denis devient différent, avec la maturité; il est empreint de tristesse et de mal de vivre. Il est souvent de mauvaise humeur comme un adolescent mais un adolescent meurtri dans son coeur....On se doute que son passé le rattrape et conditionnera son présent et son futur....
Plus tard il rencontrera Juliette, une jeune femme douce et gentille.....ils se marieront et auront des enfants....

Cette lecture facile occasionne le dépaysement avec la description de la campagne verdoyante et des fermes auvergnate.
Ce roman est une histoire de terroir comme je les aime même si celle-ci n'a pas de grands rebondissements on se nourrit de la quiétude du village et de la beauté des paysages et de l'ambiance campagnarde.
On y trouve tous les thèmes qui font un bon roman :  l'amour, l'amitié, le travail aux champs, les secrets de famille, les joies, les peines.
Une histoire à la fois douce et violente parce que très difficile pour Denis et ses grands-parents.
La psychologie des personnages est dense; révélée de façon émouvante. Les gens de la campagne sont plutôt pudiques.Les personnages sont émouvants et attachants
L'auteur dans ce roman fait la part belle aux sentiments.
Il ne se passe pas grand-chose mais cette histoire de famille nous touche; cette famille qui ne sait pas comment gérer le départ d'Emma....vit avec cette blessure, ce manque.
Le style est simple, cependant maîtrisé, agréable qui impose. Les différents évènements sont plus ou moins expliqués de façon détaillés. L'auteur se concentre sur l'essentiel; sur le message qu'il veut faire passer... et on avance vite dans l'histoire. Il y a une sorte de décalage entre la longueur descriptive des sentiments, différente de celles des évènements qui s'y passent.
Ici les secrets de famille ne sont pas discutés mais les personnages avec pudeur en supportent les conséquences.

J'ai envie de dire que ce roman nous plonge directement en Auvergne au sein de cette famille où chacun se bât à sa façon et courageusement pour supporter l'absence....J'ai pu m'imprégner très facilement des émotions subtiles des personnages. Denis ne peut oublier celle qui lui a donné le jour et il ne se remettra jamais complètement de sa blessure d'abandon et pourtant il élèvera ses fils avec beaucoup d'amour ! on ne reproduit pas toujours ce que l'on a vécu soi-même....

31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 09:21

En souvenir d'André


Auteur : Martin WINCKLER
Genre : (Témoignage) romanc(é)
Éditions : POL
Année : 2012
Nombre de pages : 198
ISBN : 9782286095895

Quatrième de couverture :

Ça se déroulait toujours de la même manière. Une voix appelait sur mon cellulaire, tard le soir ou tôt le matin. Elle demandait à me rencontrer en tête-à-tête. Et donnait la phrase rituelle :
«En souvenir d'André.»
Je me rendais à l'adresse indiquée et là, je rencontrais un homme, parfois seul, parfois avec une autre personne, de son âge ou plus jeune. On ne faisait pas de présentations. Ils connaissaient mon nom, ils m'avaient donné leur prénom. Lorsque le malade souffrait trop, l'autre personne était là pour m'expliquer. Je l'arrêtais très vite.
«Je vais d'abord m'occuper de la douleur.»

Mes impressions :

A l'unité de douleur, Emmanuel Zacks docteur apaise la souffrance, l'anxiété, la détresse des malades en fin de vie.
Un jour il reçoit l'appel d'un de ses collègues André qui souffre d'un mal incurable. Il lui demande de lui venir en aide et de l"assister". André en a assez de souffrir et surtout veut partir dans la dignité.
Aider quelqu'un à mourir, outre l'interdit médical et sociétal que cela représente est un problème humain : même quand il souhaite ardemment que la vie s'arrête, le malade a une histoire qu'il veut transmettre et Zacks se fait alors l'ultime confident...C'est ce qui lui permet de rencontrer Nora, fille d'un ancien médecin lequel a été "assisté" par Emmanuel. Entre eux, la fusion est totale pendant quelques années. À la fin de sa propre vie Zacks découvre le secret de Nora, qui l'aidera lui même à en finir.
le début du livre commence par l'histoire d'un médecin Emmanuel qui visite un collègue  André qui est en fin de vie. L'homme est alité depuis un mois en soins intensifs. Ce dernier a une maladie incurable, il demande à Emmanuel d'aller chez lui écouter ses dernières volontés et ses dernières pensées...
Devant ce cas de conscience, presque sans réfléchir Emmanuel se met du côté de ces patients qui souhaitent mourir dans la dignité. Au-delà du serment qui leur fait jurer de soigner et non d'abréger la vie il se pose des questions sur le geste non approuvé par tous. Emmanuel sera connu peu à peu dans le milieu des malades et bien d'autres feront appel à lui...
Ce livre nous interroge sur l'acharnement thérapeutique et sur l'euthanasie. Certains choisissent cet acte définitif pour ne plus souffrir mais cette pratique n'est pas autorisée dans certains pays et elle ne l'est pas dans le pays du narrateur....
Emmanuel Zacks est rempli d'humanité et va assister des malades dans leur choix mais avant de procéder à l'acte ultime il fait comprendre à ceux qui l'appellent à leur chevet que d'abord il va essayer de les soulager et que peut-être avec les antidouleurs, la douleur moindre étant, leur raisonnement, leur désir peut se modifier ; mais pour beaucoup ce répit ne sera que provisoire et de toute façon leur corps ne répond plus au traitement de chimiothérapie. Alors ils souhaitent partir en paix avec eux-mêmes alors avant leur fin ultime, ils écrivent ou dictent sur des carnets par Emmanuel les grandes lignes de leur vie, quelques souvenirs, l'amour qu'ils ont pour leur proche. Emmanuel consigne ou retranscrit les dernières paroles des malades. Ils racontent leur histoire familiale amoureuses, professionnelle plus ou moins douloureuse. Double utilité : l'apaisement moral et mental des malades, et pour Emmanuel souvenir de ses patients.

Dans ce roman Winrkler décrit le paradoxe qui veut qu'une comateuse se voit injecter une solution pour l'aider à mourir mais lorsqu'un patient émet l'idée qu'il souffre trop pour continuer ainsi, les médecins tentent de l'en dissuader.
Il dit "Sauver la vie était le blason des médecins, donner la mort, un privilège de leur carte".
L'auteur réfute et argumente les principes, les idées reçues, sur les malades, les maladies, les soins etc...
L'hypocrisie de certains agents hospitaliers, leur fuite face à la réalité, l'ironie de certaines situations, le "courage" de ceux qui ordonnent....ils se délestent parfois des gestes les plus pénibles...On passe de l'autre côté, du côté de ceux qui ont le pouvoir d'abréger la mort ou qui le prennent.
Ce roman ouvre une discussion profonde sur l'euthanasie ou choix délibéré, il pose les vraies questions. Où se situent les vraies libertés ?
Emmanuel lui n'agit pas par intérêt ou pour l'argent mais avec humilité, humanité. Avant tout il tente de soulager la douleur physique puis si le patient émet toujours l'idée d'en finir il prend sa décision en fonction de la capacité de la personne à raisonner mais aussi humainement. Il agit avec sa sensibilité, son coeur. Il n'agit pas légèrement ni mécaniquement. Il sait que le patient est un être humain intègre.
Écouter, soulager assister ceux qui sont en fin de vie voilà le dernier rôle que ce médecin aura auprès de ses patients.
En quelques phrases on comprend l'objet et le moteur de ce livre qu'il faut chercher dans son intimité.
L'épilogue est bouleversant, ce livre est fort, intense. Sans pathos.
Cet homme explique en quelques pages pourquoi il a choisi d'assister les gens qui souffrent et pourquoi ces derniers en arrivent à espérer le "suicide" thérapeutique. Souffrir est parfois plus cruel et plus insupportable que mourir.
Au début Emmanuel agira clandestinement puis de plus en plus ouvertement.
Dans les dernières pages, il nous parle aussi de sa vie et de son propre combat jusqu'à la fin.
Ce sujet est risqué et même si l'auteur en mesure les conséquences,  il continuera parce que dans la vie il y a des failles qu'il faut exploiter pour faire avancer la société et surtout ne pas se voiler la face.

 


24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 08:24

Filles de LuneJPG

 

Auteur : Elisabeth TREMBLAY
Genre : Fantasy
Éditions : Pocket
Année : 2010
Nombre de pages : 410
ISBN : 978-2266223256

Quatrième de couverture :

Naïla vient de perdre son mari et sa fille. Pour oublier son chagrin, elle se réfugie dans la maison de son enfance où vit sa tante. Très vite, elle fait une découverte stupéfiante : à qui sont ces livres traitant de sorcellerie et de mondes parallèles ? Quelle est donc cette langue mystérieuse qu'elle est seule à pouvoir déchiffrer ? Qui est vraiment sa tante ? Naïla serait-elle l'héritière d'une lignée maudite ?

Mes impressions :

Naïla se rend avec sa tante Hilda, dans la maison de ses ancêtres et envisage de la remettre en état....Mais voilà qu'Hilda demeure une femme très mystérieuse quant au secret de cette maison et des trésors du passé.
Naïla en voulant mettre de l'ordre dans le grenier trouve d'étranges lettres et des documents qui remettent en question sa naissance et sa descendance. Elle apprend que le monde n'est pas complètement tel qu'elle l'imagine. Il y a 6 autres mondes différents du des humains. Ces derniers ne sont qu'une infime partie de la constellation. Mais tous sont en danger suite à de vieilles blessures, des jalousies, de vieilles rancunes et des guerres. Naïla commence à penser que sa vie à venir ne va pas être de tout repos....
Naïla va apprendre qui elle est une des filles de Lune et elle va découvrir qu'elle aura le pouvoir de changer les choses. Elle est l'élue....entre amulettes, pierres précieuses et lettres trouvées quel sera son destin ?
Bon je ne vais pas y aller par 4 chemins !
Ceux qui me connaissent savent combien je suis dans la difficulté de ne pas finir un livre....Je n'abandonne que très rarement mes lectures en cours de route mais là c'est ce qui est arrivé.... Ce roman est le premier d'une série de 5 tomes, genre fantasy pour adolescents. À lire le résumé, j'avoue avoir été attirée par le thème et l'intrigue qui promettaient d'être grandioses et alléchants et je me suis lancée dans le premier tome qui laissait espérer des moments exaltants et d'excellentes heures de lectures passionnantes.
Je continue à penser que l'histoire aurait pu être captivante, rebondissante bref intense mais quelle déception quel foullis ! tout est mélangé entre passé et présent. L'auteur ne suit pas l'ordre chronologique des les évènements et puis le nombre de personnages conséquent n'a pas permis une lecture fluide. Sans cesse je revenais aux pages précédentes pour tenter de ne pas perdre le fil....Je me suis arrêtée à la page 120, déçue !
L'auteur dès le début tente d'expliquer là où il veut en venir mais conserve pour plus tard les révélations. Les lecteurs avancent à petits pas et les révélations se dévoilent avec Naïla.
Mais je me suis perdue ! peut-être que je suis dans l'incapacité de suivre face à un nombre trop important de personnages.
Qui est qui et qui fait quoi ouf ! Mes neurones ne doivent pas être en nombre suffisant car cette série remporte un grand succès chez les jeunes et les moins jeunes ;  ou bien alors n'ai-je pas assez d'expérience dans ce genre-là et que les séries de ce genre sont toutes peuplées de nombreux personnages parfois inquiétants et complexes mais j'ai abandonné !
Dommage je le regrette mais je ferai une nouvelle tentative dans quelque temps....Histoire de voir si c'est ma fatigue du moment qui fait que j'ai du mal à me concentrer ou bien si je ne suis définitivement pas faite pour la lecture de fantasy !

21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 07:57

Demain

 

Auteur : Guillaume MUSSO
Genre : roman et (thriller fantastique)
Éditions : XO éditions
Année : 2013
Nombre de pages : 437
ISBN : 978-2845636224

Quatrième de couverture :

Emma vit à New York. À 32 ans, elle continue de chercher l homme de sa vie.
Matthew habite à Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa fille de quatre ans.

Ils font connaissance grâce à Internet et bientôt, leurs échanges de mails les laissent penser qu ils ont enfin droit au bonheur. Désireux de se rencontrer, ils se donnent rendez-vous dans un petit restaurant italien de Manhattan.

Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte du restaurant. Ils sont conduits à la même table et pourtant... ils ne se croiseront jamais.

Jeu de mensonges ? Fantasme de l'un ? Manipulation de l'autre ? Victimes d une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendre compte qu il ne s agit pas d un simple rendez-vous manqué...

Mes impressions :

Ce roman, mêle plusieurs genres :  comédie romantique,  thriller qui flirte avec la faille temporelle.
La toile sentimentale du livre est surprenante. Deux personnages se confondent entre passé, présent et futur.
J'ai aimé la fin qui reprend la vie des personnages du début du roman mais ceux-ci sont transformés. La boucle est bouclée,
Il y a deux histoires d'amour, celle de Kate et Matthew. Elle, chirurgienne cardiaque et lui professeur de philosophie. Leur histoire est empreinte de folie. Elle semble trop belle pour être vraie, du moins d'un point de vue d'un des personnages. Alors qui est vraiment Kate, quel est son but dans la vie qui la pousse à séduire Matthew ?
Et puis il y aura la rencontre entre Emma et Matthew, pour lesquels l'amour est contrairé par le contexte.
Au départ les personnages sont des "Monsieur et Madame tout le monde" puis au fil des pages ils deviennent des personnages singuliers ; Leur normalité bascule dans l'invraisemblable. Dans le fantastique, le surprenant. L'impensable.
Ce livre englobe le temps qui passe, le présent et futur. Il est la base et l'intrigue du roman.
Musso prend comme décor une fois de plus l'Amérique; Il aime ce pays alors il est plaisant pour lui de construire ses histoires dans une ambiance américaine.
Matthew Shapiro est professeur de philosophie à l'université d'Harvard. Décembre 2011 son élève Erika 22 ans tente de lui dégoter un rendez-vous parce qu'elle est fascinée par lui mais il la reconduit. Il a une fillette de 4 ans et demi, Emily. Sa femme Kate est décédée dans un accident de voiture 1 an auparavant à la même époque de Noël ; elle est encore bien présente dans son esprit.
April est sa colocataire depuis la mort de Kate.Elle tient une galerie d'art dans la South End.
Et puis il y a Emma, sommelière au restaurant Imperial à New york qui rencontre Romuald, un geek dans le restaurant où elle travaille. Il va associer son savoir et son habileté dans le domaine informatique et technologique pour aider Emma dans sa course folle vers la compréhension.
Lors d'un vide grenier Matthew s'offre un ordinateur d'occasion.Cet achat plutôt banal va changer considérablement le cours de sa vie. Ce pc appartenait à Emma.
Jeune femme dépressive. Suite à une histoire amoureuse qui rime avec douloureuse elle est fragilisée. Alors qu'elle espérait construire une famille elle est en mal de joie de vivre.
Musso nous décrit ces personnages il nous en dresse un tableau complet avec leur grandeur humaine, leurs peurs leurs joies et peines et c'est ce que j'aime. Dès le départ il nous parle de personnages banals, comme on peut en rencontrer dans la vraie vie et ici peu à peu, on va découvrir que leur vie n'est finalement pas si commune.
Un soir après des échanges via leurs boites Email Emma qui a été contactée par Matthew (pour savoir ce qu'il devait faire des photos qu'il a trouvées sur le PC), décident de se rencontrer et dîner ensemble.
La réalité va les dépasser et le passé les rattraper...cette touche fantastique est parfaitement livrée, dévoilée; Ils vont tous les deux faire des découvertes troublantes avec des informations temporelles improbables.
Les relations épistolaires informatiques sont dans l'air du temps, ce roman est contemporain. Ici elles sont doublées du côté irrationnel ! ce qui fait toute la singularité du roman.
Chez Musso cette ambiance improbable fait sa force. Kate est-elle vraiment celle que Matthew pense avoir épousé ? Pourquoi tant d'éléments sur sa vie ont été cachés à son mari ? C'est en partie parce qu'Emma trouve sa propre vie morne et sans intérêt qu'elle fait le choix de tenter de percer les nombreux mystères qui tournent autour de l'accident et la mort de Kate.
Le rythme s'accélère page après page, le style épuré, nous aide à rester captivés.
Ce Roman/ thriller avec une intrigue originale, complexe, mouvementée avec de nombreux rebondissements m'a embarquée.
Très efficace, pour se changer les idées avec des personnages attachants, blessés par la vie, humains, fragiles et fort à la fois. Ils sont déterminés.
Je le recommande à ceux et celles qui apprécient cet auteur; je ne pense pas qu'ils seront déçus.

 

Vous trouvez d'autres romans de Musso. G sur cette page.

15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:52

L'homme la jeune fille et la mort

 

Auteur : Cyrièle FLORE
Genre : roman poche / Témoignage
Éditions : Cyrièle Flore  (Auto édition : Lulu.com)
Année : 2012
Nombre de pages :  368
ISBN : 978-1291166965

Quatrième de couverture :

C'est une rencontre peu ordinaire : celle de Victor, la soixantaine, et d'Eliza, jeune bénévole à l'hôpital aux soins palliatifs. Victor a un cancer et ne veut pas y croire. Seul face à son traitement et ses questions, il se rapproche d'Eliza

Mes impressions :

 

Je remercie infiniment Cyrièle FLORE qui m'a contactée pour me proposer son livre.

 

Première partie, un homme apprend qu'il a une tumeur incurable, les médecins lui donnent 6 mois à vivre. Il a 60 ans. Au fil des pages on apprend à connaître cet homme, avant puis après le diagnostic....
Les autres personnages principaux sont sa femme,  son fils Éric et sa petite fille Lola puis Eliza une bénévole qui travaille à l'hôpital en tant que visiteuse.

Avec Victor on vit le choc de l'annonce de sa maladie puis les centaines de questions qui s'ensuivent. Les interrogations que se posent Victor sont celles de tous ceux qui traversent ce genre d'épreuve et entendent ce diagnostic... : Colère, refus, déni, angoisse, espoir. Victor se demande alors "pourquoi moi" ?.
Il ne souhaite pas avertir sa femme, ils sont séparés depuis des années....
La maladie est sournoise mais il décide de se battre, accepte la chimiothérapie et se plaît à imaginer qu'il va vaincre son cancer.
On assiste à la réaction des autres : celle de son entourage n'est pas toujours celle que Victor attend. Son ami Roger va fuir devant la réalité, par peur et parce qu'elle le ramène à sa propre mort. Sa femme est plutôt égoïste ou alors nombriliste ; même s'ils ne vivaient plus ensemble elle se demande ce qu'elle va devenir sans lui mais son égocentrisme se cache un profond mal être, une angoisse profonde non avouée...son fils lui apporte beaucoup de soutien, d'écoute, mais malgré cela il ne souhaite pas lui amener sa petite fille trop jeune selon lui pour affronter la dégradation physique de Victor. Et puis il y a Sylvain, personnage-clé aussi, le voisin de lit ; mais sa présence sera brève et se terminera rapidement. Son décès va ébranler Victor et Eliza.
Le style au début est simple un peu comme l'attitude de Victor. J'ai remarqué aussi une certaine légèreté voire frivolité à l'instar de la vie quand tout va bien. Puis, de plus en plus l'écriture devient riche sans être complexe et tout en étant tournée vers la psychologie et la philosophie de la vie.
L'ambiance alors devient de plus en plus lourde, pesante, profonde sans toutefois être hyperpathétique.
Ce roman est aussi un magnifique plaidoyer à la médecine, à la vie mais encore à l'amitié et à la compassion. Au-delà de nous raconter une histoire Cyrièle Flore au travers de ses personnages nous fait nous interroger sur la maladie, la mort, notre rapport aux autres, l'humilité et notre capacité à se remettre en question
Il y a beaucoup de dialogues qui placent ce roman dans un contexte de réflexion sur le sens de ce qui nous entoure et de la relation humaine. il nous fait progresser dans nos intimes convictions.
Victor au fil de ses raisonnements et de ses conversations avec Eliza devient meilleur humainement. Il remet en cause aussi les a-priori qu'il avait sur le monde, les gens. Ses défauts sont aussi une force. Il doit parvenir à se détacher du quotidien et à vivre le moment présent et rester humble malgré tout et il y arrivera.
Les phrases sont courtes, le rythme soutenu, tout cela donne l'impression de l'urgence et de la souffrance morale et physique du personnage principal. Il se sent perdu, seul face à lui-même. Eliza le soutient, discute avec lui et c'est elle même qui fait évoluer le personnages dans ses pensées secrètes. Le bénévolat d'Eliza est un véritable sacerdoce.
Lorsque son voisin de chambre Sylvain avec qui il a lié un lien fort, meurt et il en sera très affecté ! cela va lui faire prendre conscience qu'avant de mourir lui aussi il doit se consacrer au peu de temps qu'il lui reste pour faire ou dire tout ce qu'il a voulu dire aux siens avant de partir et avant qu'il ne soit trop tard pour être plus serein  Il ne veut pas avoir de remords.
Les personnages sont modernes, actuels, attachants, très émouvants. Eliza consacre beaucoup de temps aux visites des malades malgré sa vie de famille.
Les narrateurs changent, tour à tour ils s'expriment...Victor puis sa femme et Eliza ainsi de suite. Ils décrivent leurs idées, leurs ressentis.
Nous sommes dans leur esprit. Eliza croisera la femme de Victor dans les couloirs et avec de courts échanges elle va aussi apaiser les tensions....
Eliza va aider Victor à accepter les autres tels qu'ils sont avec leur gêne; leur lâcheté, leur évitement, leur éloignement.
Victor au fur et à mesure des conversations avec Eliza sera de moins en moins sur ses gardes ; il finira par accepter son aide, il tolère de se laisser aller , à parler, il perd de sa superbe, casse sa carapace.Une véritable rédemption.
Il va se bonifier avec le temps grâce à la vision philosophique et psychologique d'Eliza. Ses réflexions sur les jugements, les sentiments, les émotions comme le pardon, le doute et bien d'autres sont argumentés de façon irréfutable mais non définitive.
Et Victor apporte à Eliza sans s'en rendre compte, son expérience, son vécu et son courage. Leur relation est belle et tendre.

J'ai malheureusement connu de nombreux hôpitaux pour écrire sans me tromper dire que l'auteur en parle très justement. Elle maitrise parfaitement le sujet, de même que le rapport à la mort et à la maladie. Les remerciements en fin de volume nous font comprendre son rôle.
Je retiens l'utilité indéniable des visiteurs bénévoles hospitaliers.  Avec leur collaboration la peur de la maladie perd de son intensité. Je note également la grande lucidité de l'auteur sur l'amitié, le courage, la maladie, le besoin de dignité, l'optimisme malgré les souffrances des malades.

Ce roman est à la fois un drame et un témoignage.
Il rend aussi un hommage au personnel médical et aux bénévoles qui font souvent un travail remarquable.
L'humilité d'Eliza, sa sensibilité nous la rendent attachante. Elle est lucide sur la mort, sur les sentiments des autres, elle est une psychologue avertie quelque part.
Ce livre est une approche au plus juste de la situation du malade.
Il est aussi une prise de conscience : la mort ne doit pas être un tabou.

J'ai envie de dire que la grande sensibilité de l'auteur est thérapeutique, elle montre le chemin vers l'acceptation, la route pour pouvoir regarder en face la mort même si on est effrayé par elle, à vivre avec elle au quotidien (sans les personnes que l'on aime parfois).
Ce livre est à lui tout seul une superbe leçon de vie. On aurait pu tomber dans le pathos mais l'auteur a un je-ne-sais-quoi qui nous pousse à aimer ses écrits ! sans doute parce qu'ils sont sincères et représentatifs de ce qu'il se passe aux portes de la mort.
Elle nous apprend aussi à faire le deuil, de nos proches mais pas seulement, également de notre propre mort quand le moment sera venu.
L'auteur n'oublie rien car elle raisonne avec délicatesse,  justesse et réceptivité sur la nécessité ou non de l'euthanasie, les questions métaphysiques et religieuses comme l'existence de Dieu

L'auteur a bien saisi et décrit aussi que les médecins ne sont pas toujours à l'écoute parce qu'ils sont très occupés. Parfois c'est la réalité hospitalière qui fait que nous nous sentons juste un numéro de chambre alors les personnes comme Eliza doublé de l'entourage amical et familial sont un nécessité au passage vers l'autre monde. Si par malheur il arrive que nous ne sommes pas soutenus dans la maladie cela est très dur, d'où la nécessité pour certains malades de trouver des personnes extérieures, des oreilles qui écoutent, une épaule sur laquelle se reposer.
L'hôpital est à la fois un endroit sécurisant et également un endroit que l'on veut fuir. C'est paradoxal mais c'est exact.
Ce livre aurait pu être pathétique parce que trop porté sur la maladie et pourtant Eliza va le transformer en livre indispensable pour chaque malade et leur famille. Il apporte un  nouveau regard sur la maladie, les malades, les proches, le personnel hospitalier, le bénévolat, l'aide en général, la vie, la mort...avec tellement d'humanité et d'altruisme. !
À lire parce qu'il y a un avant et un après cancer.