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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:07

Madame Roman

 

Auteur : Thyde MONNIER
Genre : Roman

Éditions : France Loisirs

Année : 1998

Nombre de pages : 221

ASIN: B004QZTHTU

 

Résumé et 4ème de couverture :

 

La vie de tout le monde, de tous les jours, dans un petit bourg provençal, a été celle de Madame Roman. Ou du moins elle en a eu les apparences. Qui peut connaître les cœurs ? Le silence en est maître. Il faut traverser bien des écorces pour les sonder et souvent alors, on est surpris de ce qu'on y découvre.

 

Tout paraît simple dans l'existence de madame Roman au cœur de son petit bourg Provençal. À quatre-vingt-cinq ans, cette paysanne, qui veille souvent au seuil de sa maison, aurait sans doute beaucoup à dire. Et c'est ainsi qu'elle va laisser se dérouler, pour nous, le film de sa vie...

Ces pages sont l'histoire d'une simple vie de vieille paysanne qui va mourir et qui, seule, assise auprès de la porte de son étroite maison campagnarde, laisse tourner en son souvenir, le film de son existence.

 

Mes impressions :

Ce roman est un vrai coup de cœur. À chaque pose dans ma lecture, j'avais pourtant l'impression d'être tout près de Clarisse, Madame Roman, et j'attendais avec impatience de la retrouver.
Ce roman est authentique, comme la vie de ce petit village de Provence et comme celle de Clarisse. Tout le monde se connait et les commérages et les on-dits ont une place considérable.
Chacun des habitants essaie alors de conserver une image positive de sa famille pour ne pas être critiqué et pourtant....
Mais les insinuations n'auront aucune incidence sur le quotidien de Clarisse parce qu'elle a su garder au plus profond d'elle ce qui aurait pu enticher l'image de sa famille. Par contre sur elle, comme sur son mari il a eu un effet dévastateur.

La vie de Clarisse est comme un roman seulement elle ne sera pas épargnée.

À l'époque pendant laquelle la narratrice se raconte elle a 85 ans : elle parle de son passé, ce qui a fait son existence, ses joies, ses peines et surtout le secret qui la ronge après avoir rongé son mari, décédé depuis peu.

Pour comprendre et aimer ce livre il faut se mettre dans la peau de Clarisse pour s'en imprégner et saisir toute la douleur qui s'en dégage.
Au cœur de son village Provençal elle décrit son village et ses habitants, ses amitiés aussi.

Il est authentique également parce qu'elle écrit comme elle parle, Provençal, avec des expressions précises. Les intonations, les descriptions nous plongent entièrement dans cette région chaleureuse.
Malgré sa dure vie, elle conserve un sens de l'humour et son franc parlé. Elle est empli, du reste de beaucoup de tendresse, d'affection pour ceux qu'elle aime.
Si au début du roman nous sommes plongé dans la tendresse qu'il dégage, s'ensuit une inquiétude et un suspense prenant en raison de ce terrible secret qui prend de plus en plus de place.

 

L'existence de Clarisse est un sacerdoce : née de père inconnu, elle vit avec sa mère dans ce village, puis elle rencontre Cyprien facteur pour lequel elle voue un amour fulgurant. Elle donnera naissance à trois enfants mais chacun d'eux, l'un après l'autre décède. Elle leur survit.
Nous lisons subjugués ce destin de femme brisée mais qui malgré tout gardera un aplomb indéniable face aux épreuves de la vie.
Je crois que ce qui la fait tenir c'est le fait qu'elle occulte ce qu'elle ressent , ce qui lui permet de trouver dans l'existence une certaine légèreté qui l'aidera à supporter tous ses malheurs.

Nous ne pouvons pas lui en vouloir de taire ce secret à son entourage qui a pourtant eu des conséquences dramatiques sur plusieurs personnes et notamment ses amis, parce qu'elle se protège par la même...difficile de se mettre à sa place et de juger.

 

Ce livre n'est à aucun moment larmoyant ; il nous donne en revanche du courage comme Clarisse qui face à l'adversité saura préserver son charisme.

 

Ce roman est remarquable, le récit est tellement bien mené que nous vivons au rythme des habitants et de la vie en Provence. Il se lit facilement sauf que beaucoup de coquilles se sont glissées dans le récit ce qui a gâché un peu de mon plaisir.
Je vous recommande ce livre qui nous plonge au cœur du Sud de la France en 1950....

 

Extraits : 

Sur le temps qui passe : « Quand on prend de l'âge on perd son prénom, on perd ses dents, on perd ses yeux, on perd le brillant du visage, on perd le sans des lèvres, tout ce qui vous rendait belle à vingt ans. Et les gens alors, qui parlent de vous, y disent : « la vieille », pas plus. Et il faut accepter l'humiliation ou aller au cimetière. Et ce sera bientôt, parce que j'ai quatre-vingt-cinq ans et que c'est un âge. Y faut passer par là et par la porte. La porte qui se rouvre jamais plus ».

« Sinon tu fais ton train de tous les jours, tu passes inconnue : tu nais, tu grandis, tu viens femme ou homme, tu en fabriques d'autres, puis tu tombes et tu laisses ton fumier dans la terre où y ne reste plus que tes os pour rappeler que tu as vécu »

Sur l'amitié et l'amour : « Eh bien quand on aime, trop les gens, c'est pareil, tu leur confies tes paniers de ce que tu as de mieux, ton temps, ton cœur, tout dévouement et y te foutent tout par terre, dans la pierraille et tout ton meilleur est gâté... »

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:33

Veuf

 

Auteur : Jean-Louis FOURNIER

Genre : Roman

Éditions : Stock

Année : 2011

Nombre de pages : 158

ISBN : 978-2234070899

 

Quatrième de couverture :

 

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre. C'est bien triste.
Cette année, on n'ira pas faire les soldes ensemble ».

 

Mes impressions :

 

Voilà un titre court qui en dit long. Il résume à lui tout seul le contenu de ce roman.
Très explicite l'auteur nous évoque tout au long sa femme morte subitement avant la publication de son premier roman et des anecdotes de leur vie.
Jean Louis Fournier parle de et à sa femme décédée. Il lui fait un véritable hommage.

« Tu n'aurais certainement pas aimé que j'écrive un livre sur toi.....d'abord ce livre n'est pas sur toi mais sur nous. Je ne l'écris pas seulement pour que l'on continuer de t'aimer, mais aussi encore une fois pour parler de moi » ; il est aussi conscient de son besoin de narcissisme.

Il écrit pour continuer de penser à elle et à leur vie ensemble « Je l'écris pour nous faire revivre ensemble »
Les souvenirs affluent à ses pensées, de façon poétique, avec des jeux de mots, mais aussi avec humour, ainsi il ne tombe jamais dans le pathos. C'est sa manière à lui de parler de la mort, en la banalisant, tout en écrivant un texte invitant et faisant appel aux souvenirs.

« Depuis que la rayonnante Sylvie s'est éteinte, il fait sombre dans la maison, je vis dans la pénombre.

J'ai eu beau changer les ampoules, j'ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts, il fait toujours sombre »

Si au début , face à l'absence l'auteur éprouve des difficultés et de la déprime « Quand je voulais te mettre en colère je disais que tu étais bonne ménagère. Tu rangeais tout et je ne retrouvais rien. Aujourd'hui je n'ai plus rien à perdre »...la fin laisse entrevoir un mieux aller « Tu m'as laissé dans la beauté des choses. Je devrais pouvoir survivre »
J'ai apprécié ce côté « dire la mort » en la nommant honnêtement comme faisant partie intégrante de la vie.. Elle est ce qu'elle est une suite logique, avec tous les manques qui en découlent. Ce contraste est très bien représenté.

Parce que les médecins n'ont pas pu ranimer sa femme, il fait des métaphores « Heureusement qu'il y a ce livre, notre livre. Je peux y mettre des mots doux et léger, je ranime nos souvenirs heureux ».
Sylvie aimait les couleurs de son jardin alors Jean-Louis dit « 
J'espère que mon livre va te plaire. Je voudrais que ce soit un livre en couleurs. J'ai l'impression de raviver nos souvenirs ».

Il y a aussi des phrases vraies qui incitent à la philosophie « C'est triste de penser qu'il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le Bonheur on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant »
Pourquoi toujours se rendre compte ce qu'était le bonheur seulement quand on l'a perdu ?

Mais la vie qui continue malgré tout, le monde continue de tourner pour ceux qui ne connaissait pas la défunte, un triste constat mais inévitable « Arrêtez d'envoyer des lettres à ma femme pour lui demander de l'argent ou l'inviter à profiter de vos promotions. Elle est morte ».

 Ironiquement il fait référence tout au long du livre à la célèbre méthode Coué « Tous les jours à tout point de vie, je vais de mieux en mieux » comme s'il suffisait de se persuader que tout va bien pour aller mieux.

 Il y a aussi quelques références à son livre « Où on va papa ? » qui rappellent qu'il est le père de deux enfants lourdement handicapés et du rôle aimant et porteur que Sylvie a joué dans leur vie.

Ce roman est un bel hommage, simple,  à Sylvie et à l'amour qu'ils nourrissaient ensemble et qui nous réconcilie avec la peur de la mort.
Ici jean Louis Fournier, nous dit clairement qu'il préfère dire que Sylvie le voit de là où elle est pour ainsi continuer de la faire vivre ….


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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 08:43

Le coeur d'une autre

 

 

Auteur : Tatiana de ROSNAY
Genre : Roman

Éditions : Le livre de poche

Année : 2009

Nombre de pages : 280

ISBN : 978-2253127727

 

Quatrième de couverture :

 

Bruce, un quadragénaire divorcé, un peu ours, un rien misogyne, est sauvé in extremis par une greffe cardiaque. Après l’opération, sa personnalité, son comportement, ses goûts changent de façon surprenante. Il ignore encore que son nouveau coeur est celui d’une femme. Mais quand ce coeur s’emballe avec frénésie devant les tableaux d’un maître de la Renaissance italienne, Bruce veut comprendre. Qui était son donneur ? Quelle avait été sa vie ? Des palais austères de Toscane aux sommets laiteux des Grisons, Bruce mène l’enquête. Lorsqu’il découvrira la vérité, il ne sera plus jamais le même…

 

Pour consulter le site de l'auteure c'est ICI.

 

Mes impressions :

 

Cette édition est enrichie de deux préfaces, celle de Tatiana de Rosnay elle même et son père, qui apporte un regard nouveau.
Une greffe d'organe peut-elle modifier voire changer la personnalité du receveur ? Peut-on envisager que le receveur soit « habité » par le donneur ; est-ce qu'il existe une modification fondamentale d'un être humain récemment greffé ?
Cette nouvelle approche scientifique (épigénétique) était encore d'actualité 10 ans après l'écriture de ce roman édité pour la première fois en 1997.

 

Le sujet m'interpelle et je me suis plongée dans ce roman avec une attente précise. Mais j'ai été étonnée dès le début.
En effet, je m'attendais plutôt à une étude de la possibilité citée ci-dessus et j'ai trouvé une histoire romancée qui allie drame personnel et études scientifique et médicale.
Cette histoire de cœur n'est pas complétement une histoire d'amour même si Bruce 'rencontre une femme qui va l'aimer, mais celle d'un homme affecté et affaibli par sa maladie cardiaque  et qui va donner un second sens à son existence..
En effet au début du roman Bruce 42 ans est présenté comme un personnage, abjecte, rustre, impoli, qui rabaisse les femmes a un statut de femelles et les dédaigne ; divorcé d'avec Elisabeth qui ne supportait plus ses infidélités et attaché à son fils d'une vingtaine d'année. Son second enfant une fille est morte-née ; il en garde une blessure profonde.
Il travaille dans une société informatique et vit seul dans un petit appartement qu'il n'a même pas pris la peine de décorer.
Il a un ami Stéphane avec lequel il joue au tennis une fois par semaine. Chaque jour il dîne dans le même restaurant. Sa vie se limite à cela.Elle est rythmée par ses habitudes.
Suite à une fatigue persistance son médecin lui fait passer des examens médicaux et lui annonce qu'il est atteint de cardiomyopathie obstructive au stade préterminal et qu'il doit arrêter de boire et de fumer, vices excessifs qu'il possède depuis de longues années. Seule une greffe peut le sauver.
L'attente du greffon s’avère ennuyeuse et sa vie va changer considérablement. Ses sœurs et son ex femme avec lesquelles il n'entretenait pas de bons rapports, tentent quand même de le soutenir. Son fils continue de rester très proche de lui.
Un jour la greffe tant attendue va pouvoir être effective.

« J'étais souriant, détendu, tandis qu'infirmières et anesthésistes me piquaient, qu'elles installaient sondes et cathéters. Je n'avais pas peur. J'allais être sauvé. C'était le plus beau jour de ma vie »

« De cet inconnu j'ignorais tout. Le professeur m'avait appris que le don d'organe était un acte anonyme et que l'identité du donneur resterait protégée, de même que la famille qui avait autorisée le prélèvement n'apprendrait pas à qui avait profité ce don »
La convalescence est longue. Un jour il s'aperçoit que droitier de coutume il écrit désormais de la main gauche depuis le greffe....Il commence alors à se poser des questions.

À partir de ce moment le personnage rustre qu'il était est devenu plus calme, plus sympathique plus sensible plus tendre . Le changement de ton est significatif aussi dans la narration, eu égard au début. Bruce se transforme en une personne plus agréable, capable de sentiments et d'émotions. Il devient moins ironique, moins médisant.
Des plaisirs neufs l'attendent comme faire les courses, arranger et décorer agréablement son appartement, il fait plus attention à ce qui l’entoure et aux couleurs. Ses goûts culinaires se transforment également.
Un jour alors qu'il se rend au Louvre, son cœur s'emballe devant l'œuvre d'un célèbre peintre Italien, Ucello.
Il en surpris et se confie au chirurgien, qui lui explique que ses sensations n'ont rien avoir avec la personnalité du donneur, il lui explique que ces changements sont dus au fait que sa vie a été modifiée par la longue et pénible attente de la greffe et que désormais il s'ouvre au monde. Mais Bruce n'est pas convaincu par cette explication et décide de connaître le nom de son donneur.....Va commencer une belle histoire qui va l'aider à comprendre. Après l'étonnement lié au sexe du donneur, viendra la compassion pour elle.
Il part alors à la recherche de la vie de sa donneuse . « 
Constance Delambre avait d'abord été pour moi une présence abstraite. Elle vivait pourtant à travers moi, à travers ce cœur transplanté. Son âme y palpitait encore, par fragments. Quelque chose d'elle, de son humour, de sa sensibilité, de sa persévérance s'était propagé en moi, s'était dilué dans mon sang. N'était-ce pas son essence qui m'habitait qui avait étoffé le vide de mon existence ? Aurais-je vécu la même aventure avec le cœur d'une autre ? Étais-je le seul greffé à éprouver cette intimité avec son donneur ? ».

Ainsi l'auteur nous emmène dans le domaine de l'art...et en Italie.


J'ai apprécié la couverture rouge communément celle du cœur et son enracinement dans la terre, qui permet de donner vie à une fleur....
J'ai aimé comment l'auteur nous place face aux interrogations des donneurs et des siennes en particulier.
J'ai été touchée par cette histoire et cette quête du receveur. À travers ses mots il continue de faire vivre la donneuse, Constance qui vit en lui à travers son cœur et lui est sauvé grâce à elle.
Le mélange entre l'invraisemblable et la réalité m'a émue.
L'auteur s'immerge complètement dans la vie de Constance, il visite son appartement, fait la connaissance de ses parents, se rend en Italie retrouver son amant et lever le voile sur un mystérieux tableau. Son entourage n'est pas oublié et j'ai ressenti cela comme un hommage qu'il lui rend.
Les courts chapitres donnent le rythme. Il s'agit d'une course pour la vie et contre la mort. Mais la fin plutôt triste est menée d'une bien jolie façon. Telle un tableau elle est colorée et est en quelque sorte un clin d’œil à la continuité et la perpétuation de la vie:celle de Bruce perdurera à travers le livre qu'il a écrit sur son expérience.
Un roman étonnant qui s'apprécie à sa juste valeur. Il nous dépayse et nous interroge sur la beauté du geste, du don d'organe. Nous sensibilise à cette cause et nous renseigne sur la possible complication : le rejet du greffon par l'organisme.
Les changements opérés dans la personnalité de Bruce sont véhiculés de façon à le rendre attachant alors qu'il nous était abjecte au début et nous finissons par le trouver sympathique. Nous avons alors sur lui un autre regard.

J'espère à l'instar de cette transformation que ce livre permettra à ceux et celles qui ne sont pas donneurs souvent par crainte, à poser un autre regard sur ce geste d'amour et les motivera à envisager personnellement cette possibilité.


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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 16:59

 

Aide-toi-et-le-ciel--jpg

 

Auteur : Yves VIOLLIER

Genre : Roman
Éditions : Pocket

Année : 2011

Nombre de pages : 211

ISBN : 978-2266204538

 

Quatrième de couverture :

 

Marie n'a rien vu venir. Quand son fils Simon est revenu d'Haïti, très affaibli par la malaria, elle n'a pas mesuré son malaise. Dévasté par la misère et la violence qu'il a rencontrées pendant sa mission humanitaire, rongé par l'impuissance et la culpabilité de ne pas avoir pu faire plus, Simon a sombré. Jusqu'à vouloir commettre l'irréparable. Bouleversée dans son rôle de mère, ébranlée dans sa foi, Marie doit se reconstruire. Une épreuve qui va changer sa vie.

 

Mes impressions :

 

Un vrai coup de cœur pour moi que ce roman dense et tellement émouvant.
À sa lecture, je l'ai trouvé d'une rare intensité.
Je ne vais pas détailler le contenu (explicite juste ce qu'il faut en quatrième de couverture) parce que ce serait vous en priver et dévoilerait trop de l'histoire  ; alors je vais sans doute être confuse en m’efforçant de taire les principaux évènements qui ont lieu jusqu'à la dernière page.


En résumé, ce roman parle d'un mère qui travaille au sein de la JOC et de son fils parti puis revenu d'une mission humanitaire.
[La JOC est une association qui œuvre à l’insertion des jeunes dans la société et dans la vie. Depuis plus de 80 ans, elle propose aux jeunes de se rassembler et leur offre les moyens concrets de mettre en œuvre des projets qu’ils auront eux-mêmes définis. Animée par les jeunes eux-mêmes (une JOC "avec, pour et par des jeunes"), la JOC lutte contre leur exclusion et vise à favoriser leur autonomisation en développant des solidarités actives. Sources Wikipedia].
Les nombreuses références aux convictions et croyances de Marie finissent par être redéfinies.
Je précise que les personnes athées ne risquent pas d'être chagrinées par ces références puisque derrière les croyances Chrétiennes se cachent le reflet de valeurs humaines, sociales mais aussi personnelles d'ailleurs la philosophie qui s'en dégage nous pousse à la réflexion.


J'ai été transportée par les deux personnages principaux.
Nous pouvons facilement nous identifier à chacun d'eux. La mère m'a bouleversée et le fils m'a affectée.
Simon et Marie s'aiment, je dirai même qu'ils sont fusionnels. Lui veut ressembler à sa mère, être autant persévérant, aimant, efficace ; Elle, s'apercevra trop tard que derrière ce fils sensible à la douleurs des plus pauvres se dissimule une souffrance existentielle.
Simon et Marie sont vrais, empathiques et naturels.
Ils se sont perdus mais se retrouvent après des épreuves et ils ne seront jamais plus comme avant.
Il y a un avant Haïti et un après ; pays où Simon choisit d'aller pour apporter son aide et dont il revient malade et affaibli.

Les autres personnages qui les entourent sont autant sincères et présents donc tout autant attachants parce qu'ils sont entiers.

On sent toute l'ampleur des malaises de tous à travers les mots et les subtilités.
Mais pourtant tous s'accrochent à un espoir infini.
Seulement parfois leur faiblesse les rattrape mais ils continueront de s'entraider et surmonteront leur peine.


L'auteur qui est un homme, décrit pourtant au plus juste et avec une grande sensibilité les ressentis de Marie. J'en suis étonnée. Il parvient à se mettre dans sa peau et dans son âme ; il éprouve à la perfection les douleurs d'une mère dont le fil est écorché par la vie et par ce qui l'a vécu.

 

Le style donne cette impression d'une narration qui manque de souffle, certaines phrases sont hachées comme la vie qui habite les personnages ; à l'image de leur peur, leur crainte, leur envie, leur doute mais aussi face à la culpabilité de Marie à qui on reproche de s'occuper plus des autres que de son fils.
Parce qu'elle travaille pour les jeunes des JOC, elle donne de son temps et de son énergie à ceux qui se cherchent, en proie à de réelles difficultés personnelles et familiales qui souffrent et ne comprennent pas toujours la vie et la société qui les entourent.

La JOC offre aux jeunes des espaces pour se rencontrer, s’exprimer, débattre et agir ensemble. En dispensant des formations, en donnant accès à l’information et en favorisant la réalisation de projets personnels ou collectifs, la JOC donne à chacun les moyens de devenir acteur de sa vie.
Marie travaille et anime ces rencontres. Elle se donne à fond pour offrir à ces jeunes un lieu d'écoute et de partage.Nous prenons part à sa détermination.
Dans un langage clair, elle nous parle des difficultés de vivre, de trouver sa place dans une société qui est de plus en plus compliquée.

Mais l'amitié, l'amour seront une source inépuisable de réconfort et de force même si parfois elles sont peu perceptibles et susceptibles de venir en aide à cause des enjeux de la société.

Ce livre décrit finalement la perte puis la rencontre et les retrouvailles entre une mère et son fils, deux solitudes, deux forces. Il parle de la foi en général et de la foi Chrétienne en particulier. Puis de la défaillance de cette même foi, rattrapée par le réalité, puis de l'espérance à nouveau....
Marie et Simon vont rebondir, grâce aux autres, grâce à l'amour.

Comme les tournures imprévisibles, tous deux vont aller au bout de leur rêve et de leurs souvenirs.

Même si leur père et mari Abi n'est plus là physiquement il continue de vivre dans le souvenir et par le sentiment d'une présence « Il n'y a pas si longtemps on aurait dit la veuve Gendreau. Elle ne se sentait pas veuve. Elle avait la conviction d'une présence. C'était très fort. Ils jouaient une partie de cache cache. Elle lui parlait. Il lui répondait à sa façon. »

 

Voici quelques extraits :

« Elle n'est pas capable de bouger quand les autres se lèvent. Reste collé à sa chaise. Figée, pâle sans doute. Clause s'en aperçoit en célébrant, la surveille. Est-ce qu'elle ne devrait pas s'agenouiller avec le grand jeune et se révolter à son tour : »Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonnée . Des millions d'hommes et de femmes, partout dans le monde, dans les hôpitaux, dans la rue, chez eux à chaque instant, sont terrassés comme elle par des souffrances, des maladies, des accidents. Ils tombent et n'ont pas la force de se relever. Et se relèvent quand même »

Marie dit des médecins qui condamnent son fils « Leur ignorance est aussi grande que leur connaissance ».
Sur la difficulté de vivre « 
La vie c'est comme un oignon qu'on épluche. Ça finit toujours par des larmes »

Sur les doutes et leur ultime voyage à bord de leur bateau le Simon-Marie « Simon s'active. Pas besoin de paroles. Les regards suffisent.Quand elle se met debout au vent après les dernières bouées du chenal, il hisse la grand-voile. Ils sont sortis souvent ces dernières semaines. Il lui a dit comme ça en hissant le foc :

-Pour moi, tout ça, c'est une chance. Excuse, mam j'en serais pas là si ça n'était pas arrivé …
Il était accroché à la drisse, les jambes pliées.
-C'est ma force...

Elle se demande si elle aussi n'est pas enfin en train de quitter son enfance. Elle n'est sûre de rien, doute de tout. La nuit des entrailles du poisson n'est plus aussi effrayante. C'est dans la nuit des entrailles que le miracle de la vie s'accomplit. Elle va vivre avec et faire confiance »

Conclusion : Lisez ce livre, il est à lui tout seul un grand message d'espoir et une belle leçon de vie et de courage.
Vous en ressortirez troublés.

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 10:12

L-etoile-magique.jpg

 

Auteur : Philippe DESTERBECQ

Genre : Livre enfant

Éditions : Chloé des Lys
Année : 2011

Nombre de pages :74

ISBN : 978-2874595707

 

Quatrième de couverture :

 

Pierrot, 10 ans, est passionné d’astronomie. Pour son anniversaire, son père lui offre le cadeau qu’il attend depuis toujours : des lunettes astronomiques.

Aussitôt, il se met à observer le ciel. Tout à coup, il aperçoit une étoile filante. Ce phénomène permet de réaliser un vœu, paraît-il, mais Pierrot n’y croit pas. Peut-être a-t-il tort…

En observant bien le ciel, il y découvre une étoile qu’il ne connait pas, lui pour qui la galaxie n’a aucun secret. Il trouve cette étoile bien étrange avec ses sept branches. Il ne le sait pas encore mais ses observations vont le conduire dans une aventure dont il éprouvera bien des difficultés à sortir…

 

Mes impressions :

 

Pierrot ce petit homme n'est pas très bon et sage à l'école mais il rêve et ses souhaits pourraient devenir réalité grâce à une étoile magique qui rappelle les étoiles filantes....voici en une phrase le contenu de ce livre.


Il m'a permise de retrouver un peu de mon âme d'enfant et ma fille de 8 ans a pris plaisir pendant 11 jours à lire chaque soir un chapitre.
Très accessible il lui a permis de trouver refuge dans cette étoile qui peut exaucer les vœux.

Pierrot est très attachant, son histoire et son entourage nous dépeignent certains côtés de notre société et de la famille actuelles.
Il permet de trouver un peu de beauté et de plaisir dans ce monde qui nous en prive de plus en plus.
Je renoue et me réconcilie ainsi avec le conte enfantin ; j'ai pu entrer rapidement dans l'histoire et me laisser transportée. Enchantée.


Philippe DESTERBECQ nous offre là un pur moment de plaisir et d'étonnement. Avec humour, tendresse et l'ultime émotion il nous fait plonger dans son univers et dans l'univers de l'enfance.
On voudrait que nos souhaits deviennent possibles - N'est-ce pas le rêve de chaque adulte de pouvoir lire dans les pensées des autres ou voir son rêve s'exaucer rien qu'en le mentionnant ?.
L'épilogue émouvant nous rend le monde et ses habitants meilleurs. L'attention envers les autres nous réconforte.
Ce livre est un conte moderne proche du classique d'Aladin, dans le fond mais non dans la forme. Très actuel il nous plonge dans la cours des écoles avec son lot d'enfants tous différents mais tellement semblables par leurs espérances.
Il permet aussi aux enfants de grandir. Peut-on tout ce permettre ? Ne devons nous pas faire davantage attention aux autres et à leurs différences ? Peut-on se moquer de tout ? . Il apprend aux enfants que chacun de nos actes a une conséquence, heureuse ou malheureuse.
Ce livre a une morale que je vous laisse découvrir.
Le style très accessible est apprécié des enfants pour qui la lecture est donc plus fluide.
Je regrette cependant qu'aucune illustration ne vienne compléter le texte car le sujet et les thèmes s'y prêtaient.
La couverture (réalisée par le fils de Philippe) en est témoin. Très belle, tendre et qui nous laisse voir un avenir meilleur avec un clin d’œil au mystère de la vie et des relations.

À lire !
Merci à Philippe D auteur, pour l'envoi de son livre.

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 07:51

Mary Ann en automne

 

Auteur : Armistead MAUPIN
Genre : Roman
Éditions : Éditions de l'Olivier

Date : 2011

Nombre de pages : 318

ISBN : 9782879297446

 

Quatrième de couverture :


Après vingt ans d’exil à New York, Mary Ann revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d'un cancer elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael Tolliver, et retrouve la légendaire Anna Madrigal, qui n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit et de son énergie malgré ses 80 ans.
Mary Ann en automne continue d’explorer ce nouvel ordre amoureux. Michael a épousé Ben mais il reste un séducteur à peine assagi qui observe avec curiosité les évolutions initiées par Facebook ou l’émergence des blogs.

 

Mes impressions :

 

Je suis définitivement fan de cette série qui ne cesse de m'étonner !
Avec « Michael Tolliver est vivant », Armistead Maupin
mettait en scène un personnage clé de cette série.
Il se heurtait aux désillusions et à l'évolution des mœurs.
Ici c'est Mary Ann qui est plus ou moins sur le devant de la scène. Elle tient néanmoins le rôle principal eu égard ce qui se passe dans sa vie. Cette dernière est mouvementée et malgré son mariage elle est malheureuse car son mari lui est infidèle et elle apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie...Elle va donc se tourner vers ses amis de toujours pour trouver la force et le courage dont elle a besoin pour affronter cette sombre période.
Nous retrouvons la plupart des personnages précédents, avec en prime une Anna Madrigal qui est maintenant âgée mais elle vieillit bien à l'instar de la série.
Elle a près de 80 ans et cependant est beaucoup moins alerte. Nous ne la « voyons » pas souvent mais chacune de ces apparitions laissent des empreintes dans la vie réciproque de nos personnages. 
Elle reste sereine et remplie de sagesse mais est plus fragile de part son âge et sa santé..
Mary Ann a quitté son mari Bob pour un temps et souhaite s'occuper d'elle afin de prendre sa vie en main. Parce qu'elle a un cancer elle se fera opérer par la gynécologue de Dede. D'où sa venue à San Francisco .
Michael et Ben, couple homosexuel est très proche d'elle et ils l'accueillent chez eux le temps de surmonter ces épreuves.
Jake employé à la jardinerie de Michael est aussi très présent et sa vie est source de complications. Je me demande si Armistead Maupin ne va pas continuer sa série avec un tome sur ce jeune homme. (?)

Pour ce qui est de ce tome, j'aime comment les personnages se retrouvent, sans rancune. L'amitié est vraiment très importante pour eux et ils se le prouvent. Une affection indéniable les lie, même si elle se heurte parfois aux personnalités propres des amis.
Je regrette seulement qu'entre Mary Ann et sa fille adoptive Shawna il n'y ait pas eu de rencontres plus évocatrices de parentalité....elles se retrouvent juste à la fin de cet opus.
Chacun des personnages a ses soucis, ses inquiétudes et il les gère comme il peut en s'aidant de petits instants de joie.
Maupin fait évoluer ses personnages au rythme du temps et de la société ; eux mêmes se retrouvent face à l'émergence du virtuel, à l'ascension de Facebook, blogs et autres réseaux sociaux sans oublier la précarité. Paradoxe évident.
Ici nous sommes loin de années 70 [début de la série] mais pleinement dans les années 90.
Avec humour et sensibilité, délicatesse et même causticité Armistaed Maupin nous parle de nous et de la société mais aussi des relations humaines, des codes sociaux, de l'amour et de l'amitié.

Le style est toujours aussi agréable, je suis entrée d'emblée dans l'histoire et j'ai apprécié le suspense et l'enquête que mène Shawna, qui font référence et reviennent sur les sujets et acteurs des tomes précédents.

En résumé, j'ai retrouvé avec plaisir la bande d'amis qui s'entraident et ne s'oublient pas malgré les différences et la distance kilométrique. Je crois que l'auteur veut nous faire prendre conscience que les vrais rapports humains se trouvent dans le réel et peut-être pas toujours dans le virtuel.
Il porte un œil critique sur cette émergence de nouvelles technologies et leur application.
J'adhère complétement.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette série je vous la conseille !

Le tome 1 est ICI (comporte 3 livres)
Le tome 2, LÀ (comporte également 3 livres)

Le septième livre est présenté ICI.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 08:09

Tous les matins du monde

 

Auteur : Pascal QUIGNARD
Genre : Roman

Éditions : Folio

Date : 1993

Nombre de pages : 116
ISBN : 978-2070387731

 

Quatrième de couverture :

 

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse. Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura : - Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. »

 

Mes impressions :

 

J'ai choisi de lire se lire en me référant à la quatrième de couverture ! Je ne m'attendais pas à un tel livre en fait.
L'histoire se passe entre 1650 et 1689.

Sont mis en scène un homme musicien et très aimant de son épouse et de ses deux filles alors très jeunes âgées de 2 et 6 ans lorsque la femme décède. La douleur fait qu'il n'est pas démonstratif envers ses filles et il se renferme sur lui.
Le père et mari très affecté ne se fait pas à cette absence jusqu'à en perdre presque la raison et voir sa défunte épouse régulièrement en songe.
Il va alors trouver un réconfort dans la pratique de la musique, notamment de la viole. Cet instrument très commun à cette époque.
Il est un virtuose et le roi lui demande de jouer pour lui, et ses convives pendant les soirées qu'il donne mais ce dernier refuse. Pour lui la musique se vit de l'intérieur et n'est pas simplement et seulement un spectacle.
Ses filles grandissent dans l'ombre de leur mère et se passionnent aussi pour la musique et le chant. Surtout Madeleine qui est plutôt docile. Quant à Toinette elle paraît plus sauvageonne et plus rebelle...
Les jours, les mois passent ainsi.
Le tableau est dressé. Les années difficiles avec leurs lots de tristesse, de joie et de désillusions sont décrites rapidement.


Je suis surprise par ce petit livre qui parle de musique, d'amour, de souvenirs mais aussi de la condition des femmes.

Je me suis retrouvée plongée dans l'époque sans effort.

Le père transmet son savoir sur la musique à ses filles mais garde précieusement ses partitions.Il ne délivre à personne le secret de ses compositions pendant de longues années.


Malgré un style plutôt « guindé » qui rappelle l'époque j'ai apprécié y trouver une certaine quiétude.
Certaines phrases poétiques, sont bien pensées.

 

Cependant la place des femmes dans ce livre est quelque peu particulière ! Elles ne sont pas traitées avec égard et c'est ce qui m'a gênée. Peut-être que cela est accentué par l'époque.
Je trouve que l'auteur se plait à les faire sentir frêles et les place dans des situations douloureuses.

Par contre, il respecte et parle très bien de la musique, on sent qu'il y est attaché à travers son personnage principal :

« La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n'est pas tout à fait humaine »

« Il s'agit de faire naître une émotion dans nos oreilles »

« La musique aussi est une langue humaine »

 

Certes ce n'est pas le grand livre de l'année mais j'ai pris plaisir à le lire. Ceci est sans doute dû aussi au fait qu'il comporte peu de pages et donc qu'il soit très vite lu.

 

Au dessous vous pouvez voir la BO de l'adaptation cinématogrphique de ce livre.

 


 

 

De cet auteur j'ai lu précédemment « Villa Amalia » 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 10:24

La fin de l'âge déterminé

 

Auteur : Michel COLIN

Genre : Roman, témoignage et société

Éditions : Lectures Multiples.
Date : 2011
Nombre de pages : 134

ISBN : 979-10-90722002

 

Quatrième de couverture :

 

Ils veulent la supprimer ! La nouvelle fait bientôt la une des journaux. Beaucoup de Français se mobilisent pour la sauver. Grèves, manifestations, débats, témoignages se succèdent. Rien n’y fait.

Un homme doit la rencontrer au plus tôt. Auparavant, il lui faut liquider toutes celles se trouvant sur sa liste. De nombreux obstacles sont placés sur sa route pour retarder le moment du rendez-vous. De plus en plus étonné, il décide de mener sa propre enquête sur la vie méconnue de la victime. Il va aller de surprise en surprise.

Fait exceptionnel, la victime, condamnée au silence, réussit néanmoins à parler à l’enquêteur et à lui faire des révélations étonnantes. Stupéfié, il doit se rendre à l'évidence. Pour certains sujets, les modes actuels de diffusion de l’information ne sont pas suffisants.

Les progrès techniques permettent aujourd’hui de publier instantanément une information dans le monde entier. Sommes-nous, pour autant, bien informés ? A priori non comme le prouve cette enquête. Il est temps, aujourd’hui, de franchir une nouvelle étape, celle de l’information personnalisée.

Roman, récit teinté d’humour, pistes de réflexion, incitation à agir aujourd’hui pour ne pas subir demain, ou tout cela à la fois ? À chaque lecteur de choisir en découvrant la véritable histoire de la retraite à 60 ans et en prenant connaissance des conclusions d'une enquête de jeunesse sur l'âge dans la société actuelle.


Mes impressions :

 

Le titre fait référence à la loi sur les retraites Françaises qui préconise un âge déterminé pour être considéré comme retraité et pouvoir prétendre à un paiement de pension.
Autant dire tout un programme et ce n'est pas Michel COLIN qui va me contredire ☺

Suite à la lecture de son livre les lecteurs seront mis en face de leur passé, présent et avenir sans oublier leurs responsabilités, mais également en face de celles de ceux qui nous gouvernent et qui font les lois.

 

Tout d'abord parlons de la couverture ! Géniale parce qu'elle résume en 4 cases fléchées l'objet du livre....

« Caisse centrale, caisse enregistreuse lente : salle d'attente, résultats des grands jeux des trimestres, caisse surprise ». Vous l'aurez compris : tout un programme !

S'ensuit la présentation de l'objet de ce livre qui fait état de l'enquête menée par monsieur Leretraité sur l'évolution de la société actuelle et plus précisément sur les retraites mais également sur les différents mode de transmission de l'information.


Enfin ! pour Monsieur Leretraité l'heure de penser à la retraite arrive ! Ceci pourrait sonner le glas d'un repos bien mérité mais point du tout ! Vous allez savoir pourquoi.....

Au moment de la constitution du dossier Monsieur Leretraité va se trouver confronté à tout un tas d'incompréhensions, d'imprévus et de confusions « Quel est l'âge légal de la retraite ? ».
Les aberrations pleuvent ; les appels téléphoniques et échanges de courriels se multiplient entre lui et les différentes instances et services compétents (ou presque) s'occupant de la liquidation des retraites, donnant lieu à des conversations et des Emails souvent creux et qui n'aboutissent à rien.

De nombreuses révélations ironiques et situations comiques sont décrites.

Je me demande comment Monsieur Leretraité a fait pour garder son humour et transmettre via ce livre le parcours véritable du retraité ou en phase de le devenir.

L'auteur prend comme point de départ son histoire personnelle mais très vite elle peut devenir commune à de nombreux salariés et futurs retraités. Pour les plus jeunes elle sera un éclairage supplémentaire indéniable.
Les démarches sont finalement presque les mêmes pour tous, disons qu'ils vont se heurter à bon nombre d'entraves et de difficultés administratives pour enfin avoir droit au sésame.
Nul n'est censé ignorer la loi mais il y a des limites quand nous suivons les longs couloirs de la mise en pratique de la dite loi.
Il y a des aberrations, des inégalités, des contresens, des non-dits au sein même des organismes compétents (?). Tout ceci est longuement répertorié par l'auteur.

Alors comment peut s'y retrouver une personne dans ces dédales de « paperasse » et d'informations informatisées. ?

Les nombreux alinéas donnent mal à la tête mais c'est sans compter l'humour qu'il s'en dégage grâce à Monsieur COLIN.

 

Si l'écriture est quelquefois fébrile je ne peux que saluer l'éclairage qu'apporte cet ouvrage.
Cependant l'auteur ne juge jamais, il suggère ! Et c'est ce que j'ai approuvé.
De plus l'humour qui y est développé est respectueux des personnes qui travaillent dans les caisses de retraites. Je crois qu'il a très bien compris que le personnel travaillant dans ces services ne sont pas plus au courant que les principaux concernés parce que justement même le discours des plus grands et des textes de lois sont confus.

Ici les jeux de mots, métaphores, comparaisons sont autant d'atouts pour amener un ton humoristique dans une situation casse-tête qui en devient alors agréable et plus supportable.

L'auteur avec son imagination galopante nous offre là une comédie réelle et un reflet de notre société.
Il rappelle également tout au long du récit quelques principes généraux comme l'évolution du travail, la conscience professionnelle, les conditions de travail d'un point de vue humain et social, l'ère informatique et numérique et d'autres plus personnels comme la fin de la vie, l'évolution personnelle de la santé, des loisirs, de la famille, du parcours professionnel...
J'ai beaucoup aimé la métaphore des « dernières épreuves d'admission » pour lesquelles l'auteur compare les épreuves d'un examen à celle du passage à la retraite.

Concernant cette loi il me semble que nous en sommes encore au stade expérimental avec de nombreuses situations paradoxales. L'auteur exprime avec justesse et acuité qu'il faut être prudent quant à l'avenir.
Cet ouvrage reflète assez bien notre société et le système législatif des caisses de retraites.
Mais rien ne sert de s'inquiéter parce que l'auteur montre bien combien les lois et les décrets sont mouvants. Les rectificatifs et autres alinéas sont nombreux. Finalement à qui profite les lois ? celle du plus fort est mentionnée comment étant incontournable et ce à juste titre.

Finalement je pense que ce livre nous éclaire sur une situation compliquée avec des mots accessibles, même si j'ai eu parfois l'impression que ma tête était douloureuse par tant d'informations à l'instar du futur retraité qui doit faire avec la loi et ses mots compliqués.
Le courage de l'auteur et du temps qu'il a dû prendre pour mettre en forme et expliquer son parcours.(qui peut devenir celui de chacun d'entre nous) sont palpables.
La notion du temps, pas seulement d'un point de vue administratif est très bien mise en évidence, avec tout ce que cela implique.

Je note que Monsieur leRetraité a pris plaisir à écrire ce feuilleton qui n'est pas une fiction puisqu'il décrit ce qu'il a vécu et raconte dans ce livre rempli d'humour le véritable parcours d'un homme qui aspire à la tranquillité après des années de bons et loyaux services.
L'auteur finit son ouvrage sur une note philosophique qu'il me plait de partager « Mais la solution qu'il préfère entre toutes est celle de considérer que chaque jour est une nouvelle vie et d'en profiter au maximum. Et, chaque matin, il regarde le jour se lever sur une nouvelle vie pleine de promesses ».


L'auteur a pris soin de répertorier en fin d'ouvrage une annexe portant sur la loi n°2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réformes des retraites.
Cette annexe est précieuse pour s'y référer.

 

Je remercie les Lectures Multiples  et Michel COLIN pour l'envoi de ce livre.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 09:49

Les tribulations d'une caissière

 

Auteur : Anna SAM

Genre : "roman" comédie témoignage
Éditions : Le livre de poche

Date : 2009
Nombre de pages : 186

ISBN : 978-2253127550

 

Quatrième de couverture :

 

Elle s’appelle Anna, elle a vingt-huit ans, un diplôme universitaire de littérature et huit ans d’expérience derrière une caisse de supermarché. Un métier peu propice aux échanges, ponctué de gestes automatiques…
Anna aurait pu se sentir devenir un robot si elle n’avait eu l’idée de raconter son travail, jour après jour.
Elle vous a vu passer à la caisse. Vous avez été des clients faciles ou des emmerdeurs, riches ou pauvres, complexés de la consommation ou frimeurs. Vous l’avez confondue avec une plante verte ou vous lui avez dit bonjour, vous avez trépigné à l’ouverture du magasin ou avez été l’habitué nonchalant des fermetures. Anna, vous l’avez draguée, méprisée, insultée.
Il ne se passe rien dans la vie d’une caissière ? Maintenant, prenez votre chariot et suivez Anna jusqu’à sa caisse.

 

Mes impressions :

Ce petit livre très vite lu est en fait un témoignage sur le métier de caissière ! Oh pardon « d'hôtesse de Caisse » comme aime le rectifier l'auteure qui a été elle même pendant 8 ans derrière sa caisse.
Elle s'adresse amicalement à un lecteur qui souhaiterait exercer cette profession. Elle raconte ainsi avec humour, auto-dérision son vécu mais en même temps dénonce gentiment la société de consommation et les consommateurs et ce de façon très plaisante et très marrante.
Au départ, celle-ci a créé un blog pour y raconter ses anecdotes et au vu de son succès, elle décide d'en faire un livre ! Et quelques années après, ce livre sera même adapté au cinéma, et sortira en France ce 14 décembre 2011.


Anna SAM a très bien organisée son récit ; elle a su construire un livre qui tient la route !

Eh oui, elle parle de l'entretien d'embauche, une fois celui-ci passé avec succès, il y a la formation de quelques heures qui va être donné par un(e) collègue, ainsi de fil en aiguille elle raconte, la hiérarchie, le travail effectif, mais aussi des périodes de soldes « À part les radins, ce ne sont pas les plus riches qui viendront ce jour là. Ils n'ont pas besoin, comme les bas et les moyens revenus, d'avoir le droit eux aussi, d'être de bons consommateurs. Une très belle invention pour faire dépenser de l'argent même à ceux qui n'en ont pas », mais encore parle des promotions en tout genre, la période de Noël, les cartes de fidélité, de même que la condition des caissières hors frontière pour terminer par la fin de contrat, le sien, elle décide d'arrêter ce métier au bout de 8 ans de bons et loyaux services pour une autre voie professionnelle.

Anna raconte de nombreuses anecdotes faites parfois d'aberration.
Elle met en garde l'éventuel salarié potentiel, sur ce métier qui en est un à part entière quoi qu'en pensent les clients. Il est source de stress et est directement lié à la clientèle et à la relation humaine.
Mais attentions surtout ne pas faire d'amalgame, les caissières ne sont pas des machines, ne pas les confondre avec leur outil de travail.
Le salarié devra avoir de l'énergie nécessaire (suffisante?) pour tenir la cadence. D'ailleurs j'ai appris des tas de choses sur ce métier, comme par exemple le fait que les employés sont des numéros et qu'au sein de leur équipe des chiffres de performances distinguent ceux qui ont les meilleurs rendements : tant d'articles scannés en une minute mais ne nous y trompons pas, cela n'amène aucune hausse de salaire. Ce n'est qu'une course interne aux éloges.

D'autre part, les lecteurs se reconnaissent comme étant les clients cités, ou comme ayant été la personne témoin de la scène décrite.

L'auteur avec humour et pertinence arrive à nous émouvoir avec ses constatations, ses mises au point, ses révélations sur les coulisses de ce métier somme toute difficile.
Ce livre est un inventaire, un condensé de bonne humeur et de vérités plus ou moins cocasses «
 Le métier de votre vie, vous en rêviez les grandes surfaces l'ont fait ... »
L'auteur en parle avec humour (en décalé),
parfois tendresse et emploie de nombreux jeux de mots.
La narration trépidante, se fait avec rapidité à l'image de ce métier dans lequel tout va très vite comme le nombre d'articles scannés en temps records !

Je crois que le but de l'auteure est double : celui de raconter et celui de faire réagir les clients.

L'auteur a voulu montrer que ce travail n'est pas de tout repos mais elle souhaite aussi amener à percevoir les hôtesses de caisses différemment, avec respect. Elle souhaite faire changer les mentalités, faire revoir le jugement (pas toujours très clément) des clients en leur encontre.

Parfois les anecdotes sont choquantes et donc font réfléchir. Mais finalement ce qui se passe dans une grande surface ne reflète t-il pas ce qui se passe dans la société à moindre échelle ?
«
 Quand je vous dis que travailler dans une grande surface vous fait découvrir l'ensemble de la société, c'est aussi avec tous ses travers ! ».
Bref le lecteurs s'amusent et il est clair qu'elle s'est aussi amusée en écrivant ce livre.
Elle y parle de sa vie et de celles des autres, de la nôtre donc. Nous sommes donc tous concernés !
À lire sans modération :-)

 

[Je vais sans nul doute lire tous les livres a son actif]

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 09:04

La petite

 

Auteur : Michèle HALBERSTADT

Genre : Roman
Éditions : Albin Michel
Date : 2011
Nombre de pages : 148

ISBN : 978-2286082406

 

Quatrième de couverture :

 

« J'ai douze an et ce soir je serai morte. »
Méfiez-vous des enfants sages...


Mes impressions :


En lisant la présentation de ce livre chez Yv ,
j'ai été tentée de le rajouter dans ma LAL et j'avoue ne pas avoir été déçue.
Le sujet m'interpelle et la thématique parle au plus profond de moi.
Le début assez sombre est celui-ci :

« J'ai douze ans et ce soir je serai morte.
Ce matin, j'ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu'on y touche. Il m'a fallu cinq grands verres d'eau pour tout avaler. Ensuite, j'ai mangé une tartine, bu mon jus d'orange, et je suis partie à l'école.
Je n'ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue, ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l'est quand on fait ce que l'on a vraiment envie de faire. Et moi, j'ai envie de disparaître. »

La parenthèse est ouverte.
La suite consiste alors en la narration de ce qui a amené cette petite fille à vouloir tenter ce geste irréparable et à mettre fin à ses jours.
Elle décrit la relation à ses parents assez froide, des bourgeois qui s’occupent peu de leurs filles mais qui veillent à ce qu'elles ne manquent de rien.
Elle vit dans l'ombre de sa sœur aînée, qui elle a la beauté et l'intelligence qu'elle n'a pas. En effet, elle ne se trouve pas jolie et inintéressante.
Elle parle aussi de sa relation particulière et intense avec son grand père maternel qu'elle affectionne mais qui est mort prématurément. Lui parti, elle ne sait pas qui va l'aimer parce qu'il était le seul à la comprendre à l'entendre.
Tout en s'isolant, elle s'invente une amie imaginaire, Laure afin de trouver une oreille attentive.
À l'école elle est seule, n'a pas vraiment d'amies sincères ; ses professeurs dans des phrases assassinent comme « 
ne vaut pas sa sœur ; Nous fait regretter son aînée » lui font douter d'elle même. Elle est en partie rejetée « Je construisais mes jours comme un abri. Je me nourrissais de l'imaginaire des autres ». Alors elle se renferme sur elle même, dépérit. Elle se sent différente, exclue « Être ou ne pas être comme tout le monde . Fallait-il choisir son camp pour cesser d'être « la petite » et grandir enfin ? » Alors elle pense à son grand-père, « À quoi bon vivre quand on craint à ce point d'être soi-même » ; « Ce soir là, en éteignant la lumière, j'ai pensé pour la première fois qu'il serait doux de le rejoindre ».

Elle dit aussi que son grand père lui avait laissé deux anges gardiens, en les personnes de ses deux meilleurs amis. Sans eux, qu'elle voient très rarement une deux fois par an aurait-elle eu envie de continuer si longtemps ?

Elle aime somme toute la presse, les livres et la musique, ses deux passions mais elle n'a plus personne avec qui les partager . « Un livre raconte la vie de ceux qui ont une place dans le monde ; je pensais qu'ils m'aideraient à trouver la mienne ». Elle dit de la musique qu'elle est son « oxygène ».
Puis fin de la parenthèse, elle se réveille à l'hôpital dans des draps blancs ; avec un sentiment confus, elle s'est ratée. Et elle se demande si elle doit se laisser une seconde chance « 
Comment font-ils ? Qu'est ce qui les pousse à avancer »

Son acte l'a faite grandir, elle se réveille avec un autre état d'esprit, elle s'éveille enfin à la vie, « Ma vie elle dépend de moi, pas des autres ». Cette pensée agit comme un électrochoc, une prise de conscience.
Pourtant tout au long du livre on sent que cette petite fille est malgré tout pleine de ressources qui ne demandent qu'à éclore, sortir d'elle, et se révéler.
Elle finira par faire une richesse de ses différences et de ses faiblesses.

Elle renait, prend confiance en elle, l'avenir (la venir) est devant elle ; grâce à un psychologue qui l'entend, et la comprend elle parvient à faire des choix, elle est guidée. Se nourrit de de projets.

Ce livre pose la question suivante est-ce que c'est cela être adulte, est-ce prendre conscience de la fin des illusions ?

Il se lit très vite, avec une écriture légère sur un sujet grave j'ai trouvé que l'auteur se positionne dans l'âme de la petite fille pour être plus crédible aux yeux des adolescents.
Cette petite fille m'a fait penser à moi par bien des côtés et je pense que c'est cela qui m'a fait apprécier cette lecture.
Parfois les auteurs prennent ce genre de thématique pour attirer les lecteurs et augmenter leur chance d'être lus mais ici j'ai trouvé que ce livre est un message d'espoir ; une leçon de vie et de courage.
Le passage à l'âge adulte ne se fait pas toujours dans la joie mais dans la douleur.

Ce mal de vivre caractéristique, tout le monde peut le ressentir à un moment donné de son existence et certaines de nos rencontres peuvent nous sauver la vie alors ouvrons l’œil.

Même si ce sujet a été longuement visité en littérature, je crois que ce livre vaut la peine d'être lu.

 

Merci Yv de me l'avoir fait découvrir.

 

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