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Témoignages

Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 20:07

 

 

L'amour dans le sang

 

Auteur : Charlotte VALANDREY

Genre : témoignage

Éditions : Le cherche Midi

Date : 2005

Nombre de pages :270

ISBN : 978-2749104393

 

Quatrième de couverture :

 

A 15 ans, Anne-Charlotte Pascal quitte brutalement une vie d'adolescente insouciante pour devenir Charlotte Valandrey, l'héroïne éclatante du film Rouge Baiser. Vingt ans plus tard, à l'hôpital de la Salpétrière, on lui greffe un nouveau cœur.
C'est cet itinéraire que la comédienne raconte ici, la gamine espiègle étouffée par une vie bourgeoise qui ne lui ressemble pas, la jeune fille entrée de plein fouet et sans aucune prévention dans le tourbillon du succès, les coulisses sans pitié du monde du cinéma et de la télé, enfin la jeune femme au cœur trop tendre, en quête éperdue d'amour.
Une existence romanesque, faite de rencontres essentielles, de rendez-vous ratés, d'amours passionnées, de difficultés à s'aimer, de démesure humaine, trop humaine, d'une envie de vivre « malgré tout », de trouver un nouveau souffle.
Dans un style direct et sans concessions, ce livre raconte l'histoire d'une renaissance.
Plus qu'un témoignage, c'est une véritable leçon de vie.

 

Mes impressions :

 

Charlotte nait en 1968. Elle est issue d’une famille parisienne bourgeoise.
Dans ce livre témoignage, elle nous raconte sa naissance, son entrée dans la scolarité et toutes les grandes étapes de sa vie.
Elle nous parle de son caractère bien trempé sur lequel elle est lucide, mais aussi de la vie de famille avec des parents aimants mais peu démonstratifs : 
« La permissivité de mes parents m'a rendue sauvage , sans limite, sans peur, égocentrée, immortelle.

Je garderai cette conviction d'immortalité toute ma vie. Elle me rendra trop sûre de moi et me sauvera aussi ».

Elle nous parle de son attachement à Val André (d'où son pseudo), a cette région de Bretagne qu'elle affectionne. Elle nous livre ses failles, ses manques, son entrée dans le monde de l'audiovisuel, ses rencontres amoureuses, la découverte de sa séropositivité, sa maladie cardiaque, ses peines, le deuil, ses joies, la naissance de sa fille Tara et la vie qui s'écoule. Bref sa vie est quelque peu singulière et mouvementée. Elle grandit trop vite.

Résumons : En 1984 Charlotte a15 ans. Elle a une sœur de 5 ans plus jeune. Elle poursuit une scolarité normale entre Paris et la Bretagne. À 17 ans elle quitte ses parents pour devenir actrice et elle apprend qu'elle est séropositive. Elle ne sait pas par qui elle été contaminée et ne pas savoir lui manquera toute sa vie. Une aventure sans protection lui donnera le désavantage d'être malade. En 1984 elle est l'héroïne du film « Rouge baiser ». Ce fût un succès mais son bonheur sera de courte durée puisqu'elle elle se rendra compte que sa maladie lui fermera quelques portes ; elle sera jugée et même parfois critiquée. Certains lui tourneront le dos. Son témoignage est ponctuée par ses rencontres cinématographiques qu'elle cite mais aussi par ses prises médicamenteuses à heures régulières, plus de 20 par jour.

En 1995 elle est choisie pour jouer dans la série télévisée « Cordier Juge et flic ».

Elle rencontre Oscar avec lequel elle se marie et donne naissance en 2000 à Tara sa fille.

Puis sa santé va se dégrader, elle est atteinte d'une problème cardiaque pour lequel une greffe est vitale.

En 2003 un greffon l'attend, un mois à peine après son opération cardiaque. Je ne peux m'empêcher de penser que sa notoriété sera en partie la cause de cette rapidité.
Puis il y aura la séparation et le divorce d'avec son mari et la vie qui suivra son cours.

Ce livre est très vite lu. On se laisse porter par la rapidité avec laquelle Charlotte nous parle d'elle et témoigne.
Je salue son courage et sa ténacité. Face à l'adversité, elle se relèvera toujours. Mais on note quand même sa fatigue existentielle.
Les phrases sont courtes, tout va vite. Les lecteurs ont du mal à se poser, à reprendre leur souffle, un peu à la manière que Charlotte a, de vivre sa vie et surtout de la raconter et c'est ce que je regrette. Charlotte ne prend pas le temps de décrire ses sentiments, ses émotions, elle ne fait que les évoquer ce qui rend le témoignage un peu superficiel, pas assez profond à mon goût alors qu'elle aurait tant de choses à décrire. Peut-être n'a t-elle pas voulu ennuyer ses lecteurs et donc elle a choisi d'aller à l'essentiel mais il manque paradoxalement une dynamique.
J'aurais aimé qu'elle décrive plus amplement sa greffe, ce qu'elle pense de la personne qui de part le greffon lui a sauvé la vie, de ce don d'amour. Vit-on continuellement avec l'idée qu'une partie d'une autre personne est à l'intérieur de nous, qu'elle nous a donné un peu d'elle même et comment le vit-on, surtout comment elle Charlotte le gère et l'assume ; cependant j'ai noté cette superbe phrase, je cite « Je nais une autre fois, j'ai une deuxième chance, je suis greffée d'un bout d'un autre, je continue sa vie et la mienne, je recolle les morceaux, je suis un patchwork vivant »

Elle brûle sa vie par les deux bouts, elle n'est pas toujours en phase avec elle même, de ses envies et de cela aussi j'aurais aimé en lire plus.
La fin est rapide, soudaine inachevée et c'est un peu dommage.
Cependant je note un certain discernement dans la façon de se regarder et de décrire sa vie et les siens.
Elle a le courage de ne pas se voiler la face et d'avoir pris conscience du caractère un peu imbriquée de sa vie et de ses relations professionnelles. Elle ne se plaint pas mais apprend à gérer sa vie et ses drames.
Elle décrit alors une certaine amertume.
Les phrases sont courtes comme s'il s'agissait d'une course contre la montre contre la mort.

Le livre est très vite lu. Il est en effet plus un témoignage romancé qu'un vrai roman c'est sans doute ce qui me donne cette sensation de description trop hâtive.
Il reste néanmoins une beau livre et j'ai envie de dire qu'il permet aussi de faire de la prévention. Se protéger contre les MST est le maître mot.
Je remarque aussi qu'il est un vrai hymne aux liens filiaux, familiaux et d'amour. Ils sont nécessaires et indispensables pour un être qui a besoin d'être soutenu dans les épreuves.

Pour information ce livre a été adapté pour la télévision. Voir la bande Annonce ci-dessous

 

 

 

 


Par Mélusine - Publié dans : Témoignages - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 07:11

Failles.jpg

 

Auteur : Yanick LAHENS

Genre : Récit
Éditions : Sabine Wespieser
Date : 2010
Nombre de pages : 160

ISBN : 978-2848050904

 

Quatrième de couverture :

 

" Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement, Port-au-Prince a été chevauchée en moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu’ils se repaissent de chair et de sang. Chevauchée sauvagement avant de s’écrouler cheveux hirsutes, yeux révulsés, jambes disloquées, sexe béant, exhibant ses entrailles de ferraille et de poussière, ses viscères et son sang. Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté. » Y. L.

Si tôt sortis de l’hébétude, les survivants de la catastrophe ont pensé « refondation » : Yanick Lahens, avec eux, a repris le travail, l’inlassable travail des mots. Ce court récit, mû par la double nécessité de dire l’horreur et de la surmonter, en témoigne. Déambulant dans les rues de sa ville détruite, l’écrivain part de sa propre expérience : avant le séisme, elle projetait d’écrire un roman d’amour. Revisitant le décor ravagé de sa fiction, elle est saisie par l’histoire immédiate. Comment écrire s’interroge-t-elle, sans exotiser le malheur, sans en faire une occasion de racolage ?

Texte de témoignage, texte animé par l’urgence, texte de compassion et de réflexion aussi, Faillesdésigne l’innommable qu’a été le 12 janvier 2010 en Haïti. Mais il tente aussi de prévenir de l’irresponsabilité qui consisterait pour les Haïtiens à ne pas changer leurs perceptions et leurs comportements.
Pour Yanick Lahens en effet, la faille géologique qui a englouti Port-au-Prince interdit de faire comme si les autres failles – sociale, politique, économique – n’existaient pas. Il n’y a pas de fatalité dans le malheur du peuple haïtien, ni même dans les carences des élites et la mainmise des organisations internationales : telle est la conviction de l’écrivain qui, malgré le tableau sans complaisance qu’elle brosse de la réalité de son pays, insuffle à ses pages une formidable force de vie."


Mes impressions :


L'auteure, par ce récit montre toute l'ampleur de la catastrophe et le travail de mémoire qui doit se faire.
Mais l'auteur en plus de raconter avec lucidité les failles de ce pays nous pousse aux questionnements. Qu'ils soient politiques, économiques, humains ses manquements sont décriés au niveau national et international et chaque pays y va de son commentaire quant à la nature de l'aide que l'on pourrait apporter à ce pays meurtris.
La quatrième de couverture résume parfaitement le contenu du livre.
J'aurais presque envie de ne rien rajouter ; seulement je me dois de dire mes pensées après cette lecture qui m'a bouleversée. L'auteure est pleinement consciente de ce qu'il se passe dans la pays où elle vit. Ma fille vient de celui-ci et lorsque je lisais le contenu de ce récit je me remémorais ses rues, sa misère mais aussi les gens riches de leur hospitalité.
Haïti dans un premier temps délie les langues ; ce séisme révèle une nouvelle fois le scandale de sa pauvreté. Seulement, je cite « parce qu'on se fait au temps qui passe , inexorable, mais pas à sa chute brutale ». La pauvreté de ce pays n'est plus à démontrer mais ce genre d'épreuves le fragilise encore plus et ce d'une manière soudaine. L'imminence de ce séisme avait pourtant été annoncé par l'ingénieur Claude Prépetit ; mais il a prêché dans un désert total. Cette information ne sera pas prise au sérieux.
Il est parfois difficile de s'imaginer que cette latitude est la cible de tels évènements.
L'auteure fait une travail de mémoire en se servant de faits historiques. Elle parle de l'indépendance de ce pays, de ses luttes, de ses dictateurs qui le gouvernent.
Haïti est pourtant un pays qui serait plein de ressources.
Il y a un déni de la part de tous parce que les gens se concentrent plus sur la pauvreté, sur les déficits politiques économiques et sociaux que sur ce genre de catastrophes naturelles.
Haïti est perçue comme la première république noire a avoir osé réaliser la conquête de sa liberté et avoir voulu mettre fin à l'esclavagisme et au colonialisme.
Les Haïtiens ne croient plus ni au gouvernements, ni aux promesses d'hommes politique ni à celles des pouvoirs économiques ni à celles des intellectuels.
Ici les morts, les disparus sont nombreux , les secours et l'aide s'organisent sur fond de corruption …L'aide promise sera t-elle utiliser à bon escient ? La pauvreté est telle que les scènes de pillage se multiplient .
Mais la reconstruction se fera parce que l'entraide quand elle n'est pas détournée y est quand même très présente.
L'auteur essaie de raconter tout cela mais « comment faire de la littérature après ce malheur » ?

Ce récit est un témoignage poignant qui rappelle ce tremblement de terre mais pas seulement : c'est aussi le constat juste et sincère des situations politiques économiques et humaines que traversent ce pays depuis des siècles. L'auteur observe, raconte, nous livre ses pensées et parle de solidarité entre les Haïtiens.


Morceaux choisis : Écrire : « j'aime la force que cet acte requiert. Parce qu'écrire, ce n'est pas seulement tracer des mots, " il faut être plus fort que soi pour aborder l'écriture, il faut être plus fort que ce qu'on écrit". J'essaie en ces jours difficiles d'accumuler un peu de cette force pour transcender l'évènement et arriver de nouveau vers mes lecteurs avec des mots qui sauront les toucher comme des mains ».


À lire pour comprendre et envisager les possibilités même si certains pensent qu'aider ne suffit pas et qu'il serait préférable de mobiliser les Haïtiens pour qu'il s'aident eux mêmes.
L'auteure dit "Aider ne fait pas sortir de la pauvreté".
Chacun peut avoir une opinion ; je reste convaincu que ce pays peut se relever malgré la précarité. J'y ai vécu 12 jours et j'ai vu aussi de jolis moments même si j'y suis allée en période de Guerre civile. Les gens sont « riches » d'eux même, même si les milices et les clans se déchirent , tous ne sont pas mus par les violences mais par la solidarité.

 

Pour savoir ce qu'en a pensé Yv, c'est ICI.

Par Mélusine - Publié dans : Témoignages - Communauté : Salon Lecture
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 19:56

À l'ombre de ma vie

 

Auteur : Florence CASSEZ

Genre : Témoignage

Éditions : J'ai lu

Date : 2010

Nombre de pages : 216

ISBN : 9782290028469

 

Quatrième de couverture :

 

Condamnée à soixante ans de réclusion par la justice mexicaine, Florence Cassez fait la une de tous les journaux français. Lorsque cette jeune femme quitte son Nord natal pour le Mexique, elle va rencontrer l'amour... et la peur. En 2005, Florence est accusée de complicité d'enlèvement. Elle ignorait que son ancien fiancé faisait partie de l'un des gangs les plus importants de Mexico. Après un simulacre d'arrestation monté de toutes pièces pour les médias, la descente aux enfers commence : un procès inique, des témoignages inventés, un verdict insensé. Aujourd'hui, de sa prison, Florence attend toujours son rapatriement en France, et l'État français, convaincu de son innocence, ne cesse de demander son retour. Une jeune femme qui rêvait de changer de vie et qui a sombré dans un cauchemar.

 

Mes impressions :

 

Florence, Française originaire du Nord part rejoindre son frère pour du travail au Mexique. Elle y rencontre Israël, jeune homme dont elle tombe amoureuse. Mais le dénouement de cette histoire d'amour sera douloureuse et étouffante, puisque cette rencontre la condamne à plus de 90 années de prison pour complicité d'enlèvement [avant la révision de son dossier]. Pourtant lors de son procès le juge se base sur un dossier comportant de nombreuses zones sombres en défaveur de Florence.Les conditions de son procès ne sont pas exemplaires de la justice, il y a la présence de pièces non prouvées, des témoignages tronqués, une enquête remplie d'incohérence ; Le gouvernement Français convaincu de son innocence, ne cesse de se battre pour le rapatriement de Florence mais en vain, le gouvernement Mexicain de l'entend pas de cette façon et n'octroie à Florence aucun bénéfice du doute.

Ce livre est fort et poignant ; il ne laisse pas le lecteur indifférent.
Il y a d'un côté le témoignage d'une vie déchirée pour des raisons qui échappent à Florence elle même et parfois même aux lecteurs ; cette jeune femme qui voulait être heureuse, et qui par amour tombe dans un engrenage qu'elle ne contrôle pas et d'un autre côté un gouvernement qui ne veut rien entendre et qui dirait-on prend plaisir à ne pas étudier un dossier correctement et à assumer les erreurs incluses dans celui-ci. Est-ce une question d'honneur, d'orgueil, de politique ? Mystère.

Alors Florence est coincée, elle est totalement à la merci du gouvernement mexicain qui malgré les fausses pistes, les témoignages erronés, les vices de forme, persiste dans la reconnaissance de la culpabilité de Florence.
Est-ce qu'il n'en fait pas un affaire personnelle ?; c'est ce que je me suis souvent demandée à la lecture puisqu'il met un acharnement équivoque à ne pas écouter le non fondé des accusations.
Au Mexique, les enlèvements et séquestrations sont lourdement pénalisées et Florence en fait le lourd tribut

Les conséquences sont terribles pour elle, puisqu'elle vit l'enfermement avec l'énergie du désespoir et a tendance à se décourager au bout de 4 ans de détention. Les doléances et la perspicacité du président de la République actuel Monsieur Sarkosy, ne suffisent pas.
Malgré les personnes qui la soutiennent comme ses parents, ses proches, ses amis et le changement pour un meilleur avocat, Florence devra purger sa peine, ramenée à 60 ans lorsque les chefs d'accusations seront vérifiés avec plus de justesse et de justice.
Je salue le courage de cette femme qui se bât et continue de clamer son innocence. Il y aurait une éventuelle possibilité qu'elle purge sa peine en France si elle plaidait coupable des faits qui lui sont reprochés mais elle refuse cette solution car elle n'est pas et ne se sent pas responsable des faits qui lui sont incriminés !
Ce témoignage, montre au lecteur les aberrations parfois de la justice et de sa malhonnêteté. Alors quel est son rôle ? Est-ce celui d'enfoncer un prévenu ou bien d'être juste et équitable ? Ici il semblerait que la justice n'en est pas vraiment une et porte mal son nom. Alors que faire ? Comment redonner espoir à Florence ?
Il est évident que le doute n'est pas permis quant à sa culpabilité et pourtant Florence est en danger moral et physique. Est-ce que l'issue sera positive, je l'espère vraiment car je me mets à la place de cette jeune femme qui se heurte à des murs d'orgueil et de fausseté.
Pour comprendre les tenants et les aboutissants, Florence se doit d'expliquer aux lecteurs de nombreuses données politiques et justiciables ce qui parfois déroute le lecteurs, mais ces explications sont inévitables et permettent ainsi aux lecteurs de mieux se rendre compte de la situation.


Un livre à lire pour comprendre les rouages de l'état Mexicain et pour soutenir Florence dans son combat.
Un site lui est dédié
ICI.

Je vous invite à aller le consulter

Par Mélusine - Publié dans : Témoignages - Communauté : Salon Lecture
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