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  • : Les lectures de Mélusine.
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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:33

Veuf

 

Auteur : Jean-Louis FOURNIER

Genre : Roman

Éditions : Stock

Année : 2011

Nombre de pages : 158

ISBN : 978-2234070899

 

Quatrième de couverture :

 

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre. C'est bien triste.
Cette année, on n'ira pas faire les soldes ensemble ».

 

Mes impressions :

 

Voilà un titre court qui en dit long. Il résume à lui tout seul le contenu de ce roman.
Très explicite l'auteur nous évoque tout au long sa femme morte subitement avant la publication de son premier roman et des anecdotes de leur vie.
Jean Louis Fournier parle de et à sa femme décédée. Il lui fait un véritable hommage.

« Tu n'aurais certainement pas aimé que j'écrive un livre sur toi.....d'abord ce livre n'est pas sur toi mais sur nous. Je ne l'écris pas seulement pour que l'on continuer de t'aimer, mais aussi encore une fois pour parler de moi » ; il est aussi conscient de son besoin de narcissisme.

Il écrit pour continuer de penser à elle et à leur vie ensemble « Je l'écris pour nous faire revivre ensemble »
Les souvenirs affluent à ses pensées, de façon poétique, avec des jeux de mots, mais aussi avec humour, ainsi il ne tombe jamais dans le pathos. C'est sa manière à lui de parler de la mort, en la banalisant, tout en écrivant un texte invitant et faisant appel aux souvenirs.

« Depuis que la rayonnante Sylvie s'est éteinte, il fait sombre dans la maison, je vis dans la pénombre.

J'ai eu beau changer les ampoules, j'ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts, il fait toujours sombre »

Si au début , face à l'absence l'auteur éprouve des difficultés et de la déprime « Quand je voulais te mettre en colère je disais que tu étais bonne ménagère. Tu rangeais tout et je ne retrouvais rien. Aujourd'hui je n'ai plus rien à perdre »...la fin laisse entrevoir un mieux aller « Tu m'as laissé dans la beauté des choses. Je devrais pouvoir survivre »
J'ai apprécié ce côté « dire la mort » en la nommant honnêtement comme faisant partie intégrante de la vie.. Elle est ce qu'elle est une suite logique, avec tous les manques qui en découlent. Ce contraste est très bien représenté.

Parce que les médecins n'ont pas pu ranimer sa femme, il fait des métaphores « Heureusement qu'il y a ce livre, notre livre. Je peux y mettre des mots doux et léger, je ranime nos souvenirs heureux ».
Sylvie aimait les couleurs de son jardin alors Jean-Louis dit « 
J'espère que mon livre va te plaire. Je voudrais que ce soit un livre en couleurs. J'ai l'impression de raviver nos souvenirs ».

Il y a aussi des phrases vraies qui incitent à la philosophie « C'est triste de penser qu'il faut attendre le pire pour enfin comprendre. Pourquoi le Bonheur on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant »
Pourquoi toujours se rendre compte ce qu'était le bonheur seulement quand on l'a perdu ?

Mais la vie qui continue malgré tout, le monde continue de tourner pour ceux qui ne connaissait pas la défunte, un triste constat mais inévitable « Arrêtez d'envoyer des lettres à ma femme pour lui demander de l'argent ou l'inviter à profiter de vos promotions. Elle est morte ».

 Ironiquement il fait référence tout au long du livre à la célèbre méthode Coué « Tous les jours à tout point de vie, je vais de mieux en mieux » comme s'il suffisait de se persuader que tout va bien pour aller mieux.

 Il y a aussi quelques références à son livre « Où on va papa ? » qui rappellent qu'il est le père de deux enfants lourdement handicapés et du rôle aimant et porteur que Sylvie a joué dans leur vie.

Ce roman est un bel hommage, simple,  à Sylvie et à l'amour qu'ils nourrissaient ensemble et qui nous réconcilie avec la peur de la mort.
Ici jean Louis Fournier, nous dit clairement qu'il préfère dire que Sylvie le voit de là où elle est pour ainsi continuer de la faire vivre ….


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commentaires

Antoni 21/01/2012 11:34

Je ne connais pas cet auteur mais il a une façon de présenter les choses qui, à la première lecture, m'indisposent. Je me doute que tout cela n'est que figure de style puisque tu affirmes qu'il
livre ici un hommage sincère à sa femme disparue. Je ne dis pas un non catégorique à ses livres mais je pense encore passer mon tour... pour le moment.
Merci pour ce bel article.

Mélusine 21/01/2012 19:46



Ses livres sont autobiographiques et il a eu beaucoup de malheurs dans sa vie et peut-être que c'est cela qui te gêne , le fait qu'il les "étale"; cependant je pense qu'il agit ainsi pour les
"exorciser".



Laeti (histoires-de-livres) 09/01/2012 09:58

Celui-ci, je l'ai eu à Noel, alors je ne lis pas ta critique et repasserai plus tard.... :)

Mélusine 09/01/2012 17:17



Oui j'attends alors



Dona Swann 21/12/2011 11:52

Je n'ai pas lu ce récit, qui a l'air très émouvant.
Dans le genre prose poétique (très lisible), j'ai adoré "La Plus que Vive" de Christian Bobin, qui m'a été offert après le décès de mon père et qui parle à chaque fibre d'un coeur souffrant.

Mélusine 21/12/2011 20:35



Je vais tenter de lire celui dont tu parles.
Merci de l'information.



Géraldine 19/12/2011 23:02

Tu peux revoir tous les grandes librairies en replay sur le net. Cette émission ne date pas d'il y a très longtemps. 2 ou 3 semaines tout au plus !

Mélusine 21/12/2011 20:33



Ah oui c'est vrai Merci de me le rappeler, ainsi je vais pouvoir la voir.



Géraldine 18/12/2011 20:33

J'ai vu l'auteur à la Grande Librairie, il m'a touché en parlant de livre que j'aimerais bien lire du coup...

Mélusine 19/12/2011 19:41



Ah tiens dommage que j'ai manqué ce rendez-vous..."Où on va papa ?" est très touchant.