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  • : Les lectures de Mélusine.
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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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Cléo et Sam de Helen BROWN

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:51

Trois ombres au soleil

 

Auteur : John HENRY
Genre : Roman
Éditions : Chloé des Lys
Année : 2012
Nombre de pages : 274
ISBN : 978-2874596674

Quatrième de couverture :

La ville. Ses nuits. Sa solitude.
A peine débarqué, il en ressent une violence agressive. Depuis des années, elle s'y est habituée. Un peu trop. Et Sonia, qui laisse traîner sa blondeur éclatante sous les néons du métro.

Puis un détonateur.

Il va croire à l’amour, avec cette fille qui appartient à la ville. Elle réalise qu'elle est encore affamée de vie. Et des messages anonymes vaguement menaçants vont finir de venir bouleverser les vies.

Tout était à l’indifférence. Pourtant, des bouts de papier, des choix, des hasards m’ont fait comprendre que tout est possible quand rien n’est fini.

Trois ombres dans la ville. Trois ombres dans la nuit. Trois ombres au soleil.

Mes impressions :

Je remercie l’auteur John Henry de m’avoir fait parvenir son roman pour plusieurs raisons.
D’abord ce livre est un coup de coeur, sincère et pénétrant. Je découvre là un écrivain qui a réussi à parler à ma sensibilité.
J’ai apprécié sa préface, sa façon originale d’aborder le coût de la publication, d’où l’importance de faire connaître le livre autrement qu’en l’installant en librairie, mais par exemple en le faisant voyager. Et comme je fais partie de la communauté du bookcrossing , l’idée de l’auteur a fini de me séduire.
Au premier abord, j’ai envie de dire que le quatrième de couverture n’est à mon sens pas très représentatif du contenu et je trouve cela dommage car si j’avais croisé ce livre d’une manière différente, je ne me serais certainement pas arrêté ce qui aurait été dommage...
Par contre il donne une idée de l’ambiance du livre...On sent l’originalité de l’histoire qui se passe à Bruxelles, avec des personnages tourmentés.
L’auteur y parle d’affectivité, de solitude, thèmes qui me sont chers, ils me renvoient à mon propre vécu. Quand nous lisons un livre ne cherche t-on pas un roman qui nous «parle», qui nous émeut ?

Lui c’est Loïc 25 ans. Il vit dans un studio, un soir de beuverie, qui sont habituelles dans sa vie, il rencontre Sofia, une prostituée, dans le métro....
Loïc est un jeune homme moderne, désinvolte, paumé, crédible dans son rôle, ce rôle là, il est dépassé par l’autorité, les convenances et les obligations.
A la recherche d’un emploi, une connaissance lui propose un poste de formateur en informatique pour un public de personnes âgées. Il accepte parce qu’il sent qu’il n’a pas le choix s’il veut continuer de payer son loyer , sa nourriture et ses virées.
Avec ce personnage là, l’auteur est conscient que dans notre société beaucoup de jeunes ressemblent à son héros...
Elle, c’est Marie 77 ans, elle est lasse, blasée et fatiguée, veuve et sans enfant, elle a une vie bien rythmée : chaque jour elle a ses activités bien précises; coiffeur, bibliothèque, courses, regarder par la fenêtre mais aussi réunion avec son groupe  avec lequel elle passe un après midi par semaine à discuter et boire un café.
Marie a l’expérience de l’existence, lui au contraire à tout à apprendre. Mais tous les deux se laissent vivre, démotivés par les rituels de l’existence.
Sofia, sera la troisième personne importante de ce roman, néanmoins moins présente. Elle reflète la souffrance, l’argent facile et l’amour de Loïc. Tous les trois sont des personnages crédibles.
Peu à peu entre Loïc [lequel on ne connaît le nom seulement à la fin du roman], et Marie un lien d’amitié s’éveille, il s’intensifiera, jusqu’à ressembler à une relation filiale et maternelle.
Le groupe dont fait partie Marie est composé de :
Joséphine adepte de la chirurgie esthétique qui efface les signes du temps; Louis veuf, le doyen de 86 ans qui rattrape le temps perdu auprès des femmes ; Léon homme d’affaire ;Madeleine vieille dame aigrie, Paulette divorcée et instruite, Joseph bouquiniste aventurier et rebelle et enfin Lucienne cousine de Marie.
Tous ensemble se retrouvent pour passer un moment ensemble, en buvant un thé à la Maison du goût...
Un jour Joseph émet l’hypothèse que les membres de leur petite bande devaient s’acclimater à la société d’aujourd’hui avec les nouvelles technologies qui les ferait sortir de leur morne quotidien, alors pourquoi pas des cours informatiques ? C’est là que Loïc va intervenir : ce sera sans précédent lui leur formateur.
Le jour d’une réunion de la bande Marie trouve griffonné dans son sac un étrange petit mot, qui lui donne rendez-vous un soir à 22h30 devant une église. Elle décide de s’y rendre malgré ses craintes...et s’aperçoit que du temps de la présence de son mari, il l’étouffait. Ce qui aujourd’hui lui occasionne la peur de vivre et la culpabilité de vouloir retrouver le goût de petits moments à elles et celui des sorties.
Loïc de son côté recevra lui aussi cette étrange invitation. D’ailleurs le soir du rendez-vous ils seront nombreux à se retrouver....et là.....un drame aura lieu....une détonation
Ce soir là, Marie reconnaît Loïc parmi les autres et décide d’aller lui parler. Sofia est là également....et plus rien ne sera comme avant...

La construction du roman est agréable, l’auteur se met tour à tour dans sa peau à lui puis dans sa peau à elle. On les voit vivre et évoluer chacun leur tour.
Entre Marie et Loïc, le fossé entre les générations se comble, se rétrécit. Ils retrouvent  l’insouciance de l’adolescence....les émois.

Ce livre nous offre des réflexions sur les relations humaines, sur la vie ( et pourquoi pas la nôtre), sur les choix qu’elle nous offre.... il faut en mesurer chaque élément et se confronter aux désillusions, aux déboires. Les plus âgés apprennent à vivre aux plus jeunes encore faut-il qu’ils les écoutent.

Ce roman reflète les dérives de la société actuelle avec tendresse et humour. La fiction rejoint la réalité...
L’auteur décrit la réalité des choses de la vie, le temps qui passe inexorable, il faut accepter qu’il nous échappe, accepter de vieillir, d’être ce que l’on est sans faux semblants

Dans ce livre le mélange original des genres provoquent la tristesse, la révolte, la peur,  l’intérêt et les émotions. Actuel Il est à la fois rempli de notes d’humour, d’espoir, de rêves qui se heurtent à la réalité avec ce rendez-vous mystérieux...
Un texte du chanteur Saez vient compléter et finaliser et compléter le thème principal celui de la solitude.
«Encore un jour se lève sur la planète France
Je sors doucement de mes rêves
Je rentre dans la danse comme toujours
Il est huit heures du soir
J'ai dormi tout le jour
Je me suis encore couché trop tard
Je me suis rendu sourd

Encore, encore une soirée où la jeunesse France
Encore, elle va bien s'amuser puisqu'ici rien n'a de sens
Alors on va danser, faire semblant d'être heureux
Pour aller gentiment se coucher mais demain rien ira mieux

Puisque on est jeune et con
Puisque ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Et ce monde s'en fout
Puisqu'on est que des pions
Contents d'être à genoux
Puisque je sais qu'un jour nous gagnerons à devenir fous
Devenir fous, devenir fous...

Alors elle va danser faire semblant d'exister
Qui sait ?
Si on ferme les yeux on vivra vieux»

L’auteur a parfaitement su maîtriser sa capacité à se mettre dans la peau de ses personnages assez différents, une prostitués Sofia, un jeune homme et une dame âgée...
Il met dans son roman toute la puissance et les subtilités des rencontres et des relations, comme celle de Sofia et de Loïc « Elle ne m’avait rien demandé, elle n’avait pas prononcé un mot. moi non plus; on s’était vite compris, compris qu’on avait une utilité l’un pour l’autre au milieu de cette ville, de cette nuit, de cette bouche de métro, froides et humides, déshumanisées et tristes : l’affection gratuite. Toucher quelqu’un, se réconforter. On a besoin de toucher les autres, on naît animal, on le reste même si on tente de se renier en inventant des modes d’existence indépendants et solitaires. Nous sommes pourtant des êtres profondément dépendants. Dépendants des autres, de leur affection, de leur toucher, de leur colère, de leur joie. Vivre seul sait s’oublier, oublier sa dimension humaine ».

Les personnages principaux ne se prennent pas au sérieux, ils sont attachants ; à la recherche de ce qui leur permettra de continuer de vivre, de vouloir, d’avoir envie. Ils se croisent, s’entraident, se mêlent, ils trouvent ainsi un sens à leur vie respective. Ils évoluent ensemble et chacun de leur côté, dans leur tête.
Marie de lasse deviendra dynamique
Loïc de désoeuvré il deviendra utile, la bande lui permet de retrouver un univers familial qui lui manquait.
De même tous les «adhérents»  du groupe trouvent un moteur qui leur permettent d’avancer.
Et puis il y a un évènements difficile...
L’acte terroriste a été je pense le déclencheur et est celui qui a permis de rapprocher les trois personnages principaux. Ils se trouvent, se retrouvent, et vont se côtoyer.

Ce roman raconte une jolie histoire dans laquelle les valeurs relationnelles sont plus que présentes.
Les petits mots d’un inconnu qui donnent rendez-vous signifient à mon sens que la vie a des conséquences inattendues et que quand on sent que tout est fini que l’espoir disparaît que la lassitude de vivre est là, un événement même tragique peut surgir de nulle part dont les incidences vont nous permettre de rebondir et de connaître des personnes avec des vertus qui consentent à nous sentir «existés»....
J’ai beaucoup aimé le chapitre sur le premier cours d’informatique donné par Loïc au groupe : humour, jeux de mots et situations cocasses, tendresse, impatience, j’ai souri.
Une ou deux scènes sont assez crues mais le reste est plutôt léger, bien écrit, bon enfant
L’auteur décrit justement la psychologie des personnages, leurs caractère, leur quête avec intérêt, douceur, violence et à l’aide d’un style aux mots et émotions appuyés,  j’ai donc adoré ce roman qui aurait pû être titré « Trois soleils à l’ombre ». Il a  touché ma sensibilité et quelque part mon mal de vivre.
Ma conclusion minimaliste : Un roman et un auteur contemporains prometteurs.


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commentaires

titoulematou 28/11/2012 18:45

vous me tentez drolement !!!!!!!!!!!!!!!

Mélusine 30/11/2012 10:46



Laissez vous tenter !



Thérèse Goossens 26/11/2012 13:41

Merci pour ce beau roman,pointant bien à travers les personnages les difficultés de notre monde contemporain;l'esseulement d'un jeune "déparentifié" et son impossibilité à vivre,,l'illusion de la
vie de la jeune roumaine par la vente de son corps et l'argent "facile",la vieillesse appréhendée différemment par plusieurs personnages...
J'ai particulièrement aimé la présentation du groupe de "vieux" autour d'un thé et le réveil à la vie de cette veuve jusqu'à la mise en scène minutieuse de son enterrement...
Par ci ,par là, quelques petites confusions dans les emplois de l'imparfait ou du passé composé...
Des encouragements à continuer à nous étonner,nous "déranger"

Une presque quinqua presque sexa

Mélusine 27/11/2012 07:58



Bonjour


En quelques lignes vous résumez très bien cet excellent roman....A mon avis il a de l'avenir comme son auteur d'ailleurs....



Philippe D 24/11/2012 20:57

Un roman dont on entendra peut-être parler...
Je souhaite à l'auteur beaucoup de succès.
Bon dimanche.

Mélusine 25/11/2012 08:25



Oui je lui souhaite, car j'ai vraiment aimé et je ne pense pas être la seule.



Dona Swann 24/11/2012 14:55

Je retrouve dans ce roman beaucoup de thèmes qui te sont chers... ;-)

Mélusine 25/11/2012 08:25



Oui voilà



Alex-Mot-à-Mots 24/11/2012 13:51

Une bonne pioche, ce roman a l'air passionnant !

Mélusine 25/11/2012 08:25



Oui il est simple mais j'aime les thèmes actuels abordés.