Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Les lectures de Mélusine.
  • Les lectures de Mélusine.
  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
  • Contact

Lecture en cours

Cléo et Sam de Helen BROWN

Archives

9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:51

N'oublie pas que je t'aime

 

Auteur : Jérome-Arnaud WAGNER
Genre : Roman
Éditions : Pocket
Année : 2010

Nombre de pages : 346

ISBN : 978-2266219129

 

Quatrième de couverture :

 

Entre Jérôme-Arnaud et Emmanuelle, ce fut le coup de foudre. De leur rencontre un soir d'été naît une passion hors du commun. Mais le 20 novembre 2000, à 35 ans, Emmanuelle perd la vie suite à une erreur médicale, laissant son mari et leurs deux petits garçons désemparés. Jérôme-Arnaud offre à sa femme le plus beau des hommages, et entreprend de raconter leur histoire. Avec délicatesse et sensibilité, il nous prouve que l'amour peut être plus fort que la mort.


Mes impressions :


Je vais peut-être choquer ceux qui ont eu un coup de cœur avec ce roman mais je ne serais pas honnête si je vous disais que j'ai été définitivement et totalement conquise.
Mon avis est très mitigé ; il ne l'est pas dans le fond mais dans la forme. Dans la manière que l'auteur a d'amener la description de cet amour fulgurant comme s'il était le seul sur terre à avoir vécu une telle force en amour...J'ai eu le sentiment qu'il en faisait trop. Qu'il idéalisait à la fois son histoire d'amour et Emmanuelle, d'ailleurs lui même s'en rend compte car dans le texte il mentionne les lecteurs qui pourraient penser qu'il l'a idéalisée.

Mais je vais tenter d’exprimer ce que j'ai ressenti au plus juste.
Tout d'abord j'ai été attirée par la couverture et je trouve le dessin superbe. Subtil , doux avec un trait fin et expressif...
Dans ce que je nommerais la première partie du roman l'auteur y raconte sa rencontre avec celle qui sera sa future femme. Mais j'ai envie de dire qu'il est un roman à 4 mains car Jérôme recopie des passages entiers de poèmes, de lettres qu' Emmanuelle avait écrites de son vivant à Jérôme-Arnaud et à ses enfants.
Quand on aime follement une personne on la voit avec les yeux de l'amour et ici l'auteur en témoigne. Il l'a décrit un peu trop « parfaite » et c'est ce qui m'a gênée. Elle est comme une déesse. Le tableau est trop idyllique, sans faille, sans défaut pour être totalement crédible, j'ai eu un peu de mal à y croire. Il s'agit d'un véritable conte de fée. Mais d'un autre côté je me dis que c'est l'auteur qui l'a voyait ainsi. On découvre la personnalité d'Emmanuelle, décrite par l'homme qui l'aime et qu'elle aime. Il dit même qu'ils étaient « les plus grands amoureux de la terre », ce qui me semble être quand même condescendant, suffisant.
Puis vient le temps de leur mariage et de leur vie commune dont l'auteur semble dire qu'elle était inégalable. Puis vient la naissance de leurs deux enfants jumeaux mais tout est trop lisse.

L'auteur cite des maximes des proverbes, des expressions de personnes plus ou moins célèbres et j'ai aimé ces nombreuses références littéraires qui font appel à nos émotions, et parfois à notre propre vécu. De mêmes elles pourront aider ceux et celles qui traversent une dure épreuve, un deuil, un amour perdu.
Puis le ton change, l'auteur s'oublie presque totalement pour ne parler que de l'accident de son amoureuse, avec comme trame de fond, une erreur de jugement médical. Il dénonce la mauvaise prise en charge de la maladie et là nous sommes glacés d'effroi car cela peut arriver à tout le monde. Il en souffre, le dit, le crie et nous mesurons alors la force de son amour sans demi-mesure.
Puis vient l'après-mort, le travail de deuil, de mémoire, sa souffrance parle et avec elle son corps. La douleur fait parler l'âme et le corps. Pour survivre à la perte de sa femme, il va devoir lutter et faire appel à des croyances, de la voyance même. Elle le fait se tourner vers les religions, l'ésotérisme pour panser et trouver une réponse aux questions qu'il se pose. Il y voit tantôt des coïncidences ou bien des signes du destin...Il a besoin de se raccrocher à quelque chose de concret, indépendamment de ses enfants, pour pouvoir continuer de vivre sans Emmanuelle, la religion sera un exutoire. Et je pense que beaucoup de personnes endeuillées peuvent s'y retrouver.
Je ne nie pas que ce livre est une belle preuve d'amour et un hommage grandiose mais le début m'a laissée quelque peu dubitative.
Le style est limpide, les mots employés pour décrire la douleur de la perte, puis la colère sont bien choisis et nous pouvons nous identifier facilement.
Je pense que leurs enfants trouveront dans ce livre les raisons de penser que leur mère était une personne exceptionnelle et qu'elle continue de vivre à leurs côtés de part les souvenirs, les poèmes laissés, les photos et les films vidéos....
L'auteur quant à lui a écrit pour que ses enfants apprennent à connaître qui était leur mère et combien elle les aimait, également pour ne pas oublier mais aussi pour faire face, pour extérioriser sa douleur et l’exorciser. Il en ressort apaisé et disponible pour une nouvelle histoire d'amour qui ne sera, il en est conscient pas aussi forte que celle qu'il a vécue avec Emmanuelle.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Philippe D 09/08/2012 14:12

Une histoire vraie, alors?
Tu crois que ce n'est pas normal d'idéaliser un amour ou un couple quand l'un des deux s'en va? Je pense que plein de gens le font.
Le sujet m'intéresse mais bon, pour l'instant, j'ai assez de bouquins qui m'attendent.
Bon après-midi.

Mélusine 11/08/2012 10:23



Oui une histoire vraie.
L'auteur ne l'a pas idéalisée à titre posthume mais également de son vivant....



Dona Swann 09/08/2012 12:08

Je n'ai pas lu ce roman, mais je pense que ce qui t'a gênée est qu'il a assumé sa subjectivité vis-à-vis de sa femme et de leur histoire au point de ne même pas s'en excuser ou de tenter de
nuancer. C'est aussi un peu normal d'idéaliser le défunt chéri : je pense que si on m'avait demandé mon avis sur mon père avant son décès et juste après, je n'aurais pas produit la même
description.

Dans un genre plus nuancé, en prose très poétique, je te conseille "La plus-que-vive" de Christian Bobin.

Mélusine 11/08/2012 10:22



Je note le livre que tu me conseilles.
Sincèrement je pense que l'auteur au délà de l'idéalisation a voulu montrer que leur amour était unique...sans nuancer la fait que d'autres couples pouvaient vivre la même intensité dans leur
sentiments. Un peu comme s'ils étaient seuls au monde être dans ce cas là.