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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:52

L'inquiétude d'être au monde

 

Auteur : Camille de TOLEDO
Genre : Nouvelle/chant
Éditions : Verdier Chaoïd
Année : 2012
Nombre de pages : 60
ISBN : 978-2864326694

Quatrième de couverture :


L’inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf,
au mouvement de toute chose dans ce siècle.
Paysages ! Villes ! Enfants !
Voyez comme plus rien ne demeure.
Tout bouge et flue.
Paysages ! Villes ! Enfants !
L’inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils,
comme elle s’est glissée, un jour, dans le corps des choses.
C’était hier. C’est aujourd’hui.
Ce sera plus encore demain.
L’inquiétude de l’espèce, des espèces,
et de la Terre que l’on croyait si posée,
qui ne cesse de se manifester à nous,
sous un jour de colère, au point qu’on la croirait
froissée ou en révolte.


Mes impressions :


Tout d'abord merci à Olivia Michel pour l'envoi de ce livre.
J'ai difficilement rangé ce livre dans le genre des nouvelles  (essai ?) en raison de ces quelques 60 pages, alors que l'auteur le définit comme un chant. Pas facile alors de lui attribuer une catégorie précise.
Ce livre traite d'un sujet très actuel : le monde comme il va....
Mais il s'apparente en effet plus à un chant,  qui en dit long sur l'état du monde et plus particulièrement de notre société Européenne.
L'auteur commence par définir l'inquiétude pour cela il met en scène un homme qui attend son enfant : image forte par excellence, lien du sang ou lien du cœur. Nous ne sommes désormais jamais serein puisque chaque jour nous offre le lot de risque réels. Vais-je revoir mon enfant ?
Nous ne sommes plus en sécurité, nulle part, pas même le sont nos enfants quand ils sont à l'école....
Peut-être l'auteur a t-il voulu toucher au plus profond des lecteurs avec cette entrée en matière...il nous représente l'image du monde qui va mal,  que nous adultes laissons pourtant à nos enfants ; il parle des différentes sortes de cet état d'inquiétude qui nous effraie. Il retrace diverses situations dans lesquelles la peur est là et nous donne une image exacte du ressenti au moment où elle nous étreint. Camille De Toledo a recours aux  faits divers pour l'exprimer : violences, tueries, enlèvements, faits climatiques, catastrophes...
Ose t-on nommer plus clairement les tenants et les aboutissants de nos actes sur notre société de ce 21ème siècle ...héritage du 20ème siècle ?
Est-ce que que le monde a vraiment autant changé ? Où est-ce que sa différence vient de notre regard qui le décrit autrement qu'il l'était avant ?
L'auteur évoque des faits, les décrit à demi, il en est le témoin et dresse donc un tableau de notre société actuelle avec ses lots de violences, de catastrophes de lois politiques et sociales qui ne sont pas toujours idéales. Avec sincérité il dénonce les acteurs politiques avec leurs discours qui ne sont là que pour attirer le peuple vers ses faveurs et ferveurs.
Il dévoile l'évolution d'un monde dont l'homme perd les commandes.

Ce livre est un constat à l'état pur, d'un état d’esprit, l'auteur ose.
L'écriture est tourmentée, riche, délicate et poétique.
L'auteur se livre, parle aux lecteurs, il en est aussi le porte parole. Il dit les choses comme il les sent.
Il rend compte du monde sans demi mesure, avec lyrisme et sans langue de bois.
Toledo s'autorise à dire ce qu'il pense, pour la plus grande joie des lecteurs qui eux n'ont pas cette dextérité à l'écriture.
« Mon père a chacun des mes anniversaire
m'offrait une boussole
Mais il n'y a plus de Nord, plus de Sud.
La Terre appareille.
Quelque chose tremble
et des savants murmurent :
Une seule chose progresse dans notre histoire devenue à son tour, une histoire provisoire de l'homme,
Puis de son effacement, c'est l’inquiétude.
Nous nous reconnaissons désormais,
espèce parmi les espèces et nous peinons
à tirer les conséquences de notre décentrement. »
« Nous ne savons que faire de notre colère, alors nous l'avalons. Elle coule en nous comme un liqueur.
Elle sert d'engrais à l'envers de la peau.
Grâce à elle, de petites fleurs malades
poussent et prospèrent.
Ces fleurs : ce sont les poches mortes
de la colère rentrée.
Nous les appelons Tumeurs.
Ce sont des fleurs qui aspirent à la vie éternelle.
Elles sont l'image de l'homme,
de tout son orgueil.
Vivre éternellement, soi, nous,
parce que nous sommes des hommes,
Supérieurement croit-on
dépositaires du sens et du langage.
Capables de maîtrise, nous souhaitons,
nous espérons être à l'image de ces fleurs.
Autorisés à vivre infiniment.
A être infiniment
Comme le sens ou la faim ».


L'auteur n'apporte pas de solution à notre planète qui va mal mais constate les faits et les conséquences. Sous une plume vivante, amère, et même ironique se cache de la tristesse qu'il transmet aux lecteurs... elle  m'a étreinte...Camille de Toledo est un formidable peintre langagier ….


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commentaires

Mango 19/02/2012 11:41

Un texte très fort, une vraie révélation pour ma part.

Mélusine 21/02/2012 17:36



Oui je veux bien te croire.



Alex-Mot-à-Mots 30/01/2012 16:12

Ce livre a l'air très beau. Un peu de poésie ne fait jamais de mal...

Mélusine 30/01/2012 17:55



Oui c'est un texte à la fois beau et vrai mais parfois douloureux puisqu'il retrace la réalité et s'imprègne de catastrophes.



yueyin 29/01/2012 22:38

Un long poème en quelques sortes, intéressant :-)

Mélusine 30/01/2012 17:54



Voilà c'est tout à fait cela



Laeti (histoires-de-livres) 27/01/2012 15:47

La citation est belle, mais ce livre ne me tente pas...

Mélusine 27/01/2012 17:48



Pas grave. Il est important de lire ce vers quoi nous nous sentons portés.