Partager l'article ! « L'enfant noir » de Laye CAMARA: Auteur : Laye CAMARA Genre : Roman Éditions : Pocket Anné ...
Auteur : Laye CAMARA
Genre : Roman
Éditions : Pocket
Année : 1978
Nombre de pages : 222
ISBN : 2-266000098
Quatrième de couverture :
Au delà du récit autobiographique d'un jeune écrivain de 25 ans, L'enfant noir nous restitue dans
toute sa vérité, la vie quotidienne, les traditions et les coutumes de tout un peuple. Un livre plein de finesse et de talent qui s'est imposé comme l'un des classiques de notre
temps.
Mes impressions :
Au début du roman Laye se remémore lorsqu'il avait 5, 6 ans. Il vit dans la ville de
Kouroussa dans une concession. Il habite la case de sa mère, à côté de celle de son père, forgeron renommé dans son village. Dans l'atelier son père travaille l'or et lui enseigne le
travail.
Dans la véranda attenante Laye aime jouer.
Il se souvient d'une anecdote qui le marquera à vie : celle du serpent noir qui rend visite à
son père et qui représente « Le génie de la race noire »....: point de départ de l'entrée en nouvelle Guinée, pays d' Afrique et donc de ses coutumes, de sa culture, des rites
d’initiation et de passages jusqu'à devenir homme.
Enfant, sa vie se partage entre Kouroussa et le village paysan Tindican, où vit sa grand-mère et
ses proches, qui l’accueillent de temps en temps pour les vacances...Il aide à la moisson et aux récoltes du riz et connait les joies paysannes avec le dur labeur mais aussi le plaisir de côtoyer
toutes sortes d'animaux qu'il ne rencontre pas en ville.
Son entrée à l'école des Blancs est remarquée. Il va montrer des signes d'intelligence et de
réussite. Il y restera un an. Il y rencontrera Marie, il connaîtra les premiers émois et puis il aura d'autres aventures qui déplaisent d'ailleurs à sa mère.
Il est brillant et à 15 ans, il envisage d'aller poursuivre ses études en France...Son père conçoit
que la vie évolue et que son fils ait une autre destinée que la sienne mais sa mère aimerait le garder près de lui comme une mama Africaine qui a du mal à voir partir ses
enfants.
J'ai lu ce livre sans savoir que L'enfant noir est le roman Africain le plus connu et le plus
étudié au cours de la scolarité en Europe. Je peux le comprendre tant l'histoire en elle même est porteuse de messages mais aussi du fait que Camara Laye rend accessible la culture africaine en
la décrivant simplement, sans porter de jugement.
Ce livre est comme un conte, il narre la vie de cet enfant noir à travers les générations et
explique les transmissions du patrimoine culturel mais aussi la place des femmes dans la tribu, de l'homme dans la famille et de la famille en elle même.
Il décrit son époque et en parle très bien, au point de faire comprendre et de plonger complètement
les lecteurs dans un monde où les Marabouts, les guérisseurs et autres croyances viennent au secours de la population.
Ce roman nous parle du respect de l'autre, de la religion, de l'amitié, de l'amour, des valeurs
Africaines, la joie de se contenter de peu et de prendre la vie comme elle vient...et pourtant Laye jeune se demandait déjà où est sa vie et s'il doit perpétuer les
traditions.
Il y a une singularité dans le récit, Camara Laye décrit avec des mots d'adultes , ce que voient
les yeux d'un enfant. Ainsi les croyances, sont perçues à leur juste valeur, dans le contexte et avec lucidité. Seulement il ne souhaite pas suivre les traces de ses parents et ancêtres ; il
vise une autre vie. Le lecteur comprend qu'il ne souhaite pas véhiculer les coutumes, qu'il ne sait d'ailleurs pas toujours expliquer lui même, même s'il les tolère.
Un livre qui nous aide aussi à comprendre comment les traditions peuvent se
perdre.
Laye ne succèdera pas à son père, car sa soif d'apprendre est plus forte que les usages, il a aussi
besoin de voir d'autres horizons et d'autres cultures.
Extraits :
Laye parle de la mort « ...Et que nous prenons tous un jour ce chemin qui n'est pas plus
effrayant que l'autre … L'autre ? … ? L'autre oui : le chemin de la vie, celui que nous abordons en naissant, et qui n'est jamais que le chemin momentané de notre
exil ».
Sur l'enseignement « L'enseignement que nous recevions en brousse, loin des oreilles
indiscrètes, n'avait rien de très mystérieux ; rien, je pense, que d'autres oreilles que les nôtres n’auraient pu entendre ? Ces leçons, les mêmes que celles qui furent données à tous
ceux qui nous ont précédés, se résumaient à la ligne de conduite qu'un homme doit tenir dans la vie : être franc absolument, acquérir les vertus qui en toutes circonstances font l'honnête
homme, remplir nos devoir envers Dieu, envers nos parents, envers les notables, envers le prochain. Et cependant nous ne devons rien communiquer de ce qui nous était dit, ni aux femmes, ni aux
initiés ; pas plus que nous ne devions rien dévoiler des rites secrets de la circoncision ».
Un film a été tiré de ce roman …
La bande annonce est ci-dessous
Derniers Commentaires