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  • : Les lectures de Mélusine.
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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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Cléo et Sam de Helen BROWN

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 18:13

Ceux d'à côté

 

Auteur : Laurent MAUVIGNIER
Éditions : Les éditions de Minuit
Genre : Roman
Date : 2002
Nombre de pages : 157
ISBN : 978-2707317667

 

Quatrième de couverture :

 

Parce que Claire, sa voisine, lui a raconté ce que c'est de revivre sa propre mort chaque nuit, d'entendre un souffle d'homme derrière soi et de sentir sur son corps son odeur à lui, des semaines après. Et parce que s'approprier l'histoire des autres c'est au moins commencer à vivre un peu, alors Catherine attend, le jour, la nuit, cet homme-là.
L'homme qui marche dans la ville et rôde vers la piscine, dans les rues, parfois jusqu'à chez elle.

 

Mes impressions :

 

J'ai lu précédemment Apprendre à finir  de cet auteur et ce roman ne m'avait pas laissée indifférente. J'ai réitéré l'expérience grâce à Mala Vida qui elle, est fan.
La quatrième de couverture suggère l'histoire mais non sa profondeur. Elle donne des indices sur le drame qu'à vécu Claire.
J'ai donc lu ce roman qui me semble riche. C'est une histoire qui met en scène 2 personnages qui vivent dans l'ombre de deux autres. Il y a Claire, l'amie de Catherine, elles habitent le même quartier et sur le même palier. Claire a rencontré Sylvain. L'amitié qui lie Catherine célibataire et Claire est sincère et puis il y a un homme sans nom, présent par son absence.
Un jour, Claire est agressée chez elle par cet homme alors que Catherine dans son appartement n'a rien entendu, et c'est Catherine qui sera témoin de « l'après » et qui en avertira Sylvain.
Après cette agression, rien ne sera plus comme avant. Nous devinons que Claire se repose et se reconstruit dans une maison de repos, pour finalement déménager puis aménager avec Sylvain ailleurs. Catherine se sentira seule malgré les rencontres d'un soir qu'elle multiplie. L'homme quant à lui est bouleversé par son acte et se juge infâme.
La précision de l'agression ne sera jamais prononcée, mais ici aussi on la devine. Un acte barbare et répréhensible qui laissera Claire comme salie de l'intérieur.
D'ailleurs cet homme souhaite être puni pour ce qu'il a fait mais personne ne le regarde dans la rue. Il attend de revoir Claire en espérant qu'elle n'est pas morte, il va se promener près de chez elle pour se rendre compte par lui même de l'après.
C'est une histoire de plusieurs solitudes, qui finissent par presque se retrouver. Mauvignier dans un langage inachevé comme le sont souvent ses phrases dans ce roman nous parle de la fragilité de l'être humain et de sa complexité.
Les narrateurs sont tour à tour Catherine et l'homme. Ils parlent de leurs sentiments, de leurs pertes, de leur peur.
Claire curieusement les réunira.
Le style est sobre, plutôt froid comme l'est la mort. Il ne permet pas de reprendre le souffle. Certaines phrases sont inachevées, elles sont au plus près des personnages. Elle témoignent du sentiments de vide de quelque chose de casser de l'intérieur.
Catherine vit sans réellement exister, personne ne la remarque sérieusement au point d'envier le destin de Claire et de même l'homme agresseur est tel une ombre qui rôde.
Deux destins qui vont se rejoindre alors que Claire devra vivre avec son agression et ses conséquences.
J'en suis sortie assez bouleversée parce que le thème est assez difficile et grave, mais Mauvignier avec humilité ne juge pas, il laisse les personnages mesurer eux mêmes la conséquences de leur acte et de leurs pensées.
Il permet une réflexion sur la vie et ses drames qui peuvent changer complètement une vie qui prendra alors un nouveau tournant, souvent un de ceux que nous n'avons pas choisis. Que ce soit pour l'agresseur ou la victime, les choses ne seront jamais complètement oubliées et modèleront notre avenir.
Je crois que ce livre est aussi une approche de ce que nous sommes pour les autres et que sans eux, sans leur regard nous n'existons pas. Le rapport à l'autre façonne notre perception de la vie.
Les mots précis que Mauvignier utilise, montrent combien le besoin de reconnaissance fait partie de la condition humaine.
À lire.

 

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commentaires

Laeti (histoires-de-livres) 18/02/2011 13:38


ça a l'air un peu triste comme histoire mais tu en fais une belle critique qui me donne tout de même envie de le lire!


Mélusine 19/02/2011 10:34



Je ne sais pas si le terme de triste convient vraiment mais ce qui est sûr c'est que Mauvignier maîtrise le sujet. Je crois que ce livre est surtout très délicat.



Philippe D 15/02/2011 21:52


Encore un qui m'est parfaitement inconnu.
Bonne soirée.


Mélusine 16/02/2011 16:30



C'est un peu normal il y a tant de livres....



Mala vida 13/02/2011 22:04


Coucou !
Je suis contente que tu aies apprécié le livre.
Je trouve que son écriture est pudique, comme tu l'as mentionné, il ne juge pas et laisse la parole au personnage. Un huis clos parfois étouffant mais juste, simple, avec un grand impact sur le
lecteur qui en arrive à comprendre ce que ressentent les persos. j'aime bcp son style, il écrit comme ses persos parlent, comme ils ressentent les choses ce qui donne selon moi une intensité
puissante.

Biz


Mélusine 14/02/2011 07:29



Tu as tout dit en quelques lignes. Mauvignier ne s'embarasse pas du superflus...