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  • : Les lectures de Mélusine.
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  • : Bonjour et bienvenue chez moi :-). Vous trouverez ici mes modestes critiques littéraires composées au fil de mes lectures. Le monde de la littérature est si vaste que le partager me semblait très intéressant. Bonne lecture à tous...
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Lecture en cours

Cléo et Sam de Helen BROWN

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:49

  A la santé d'Henry Miller

 

Auteur : Olivier BERNABE

Genre : Roman

Éditions : Les éditions de Persée

Année : 2011

Nombre de pages : 319

ISBN : 978-2-352169710

 

Quatrième de couverture :

 

Balthazar Saint-Cene est un antiquaire reconnu sur la place de Paris. Alors qu’il est invité à un mariage qui ne l’enchante guère, il fait la rencontre d’Alma, une femme énigmatique qui se présente comme son ange gardien. Celle-ci va le conduire sur le chemin d’une nouvelle vie, la vita nova: il quitte famille, femme, enfant, activité professionnelle, à la recherche du mystère qui le relie à elle. Ce sera l’occasion de découvrir un milieu inconnu, ainsi que le courage et le don de soi. Tout au long du récit, Balthazar est accompagné par sa conscience, incarnée par Henry Miller, l’écrivain qui l’a beaucoup marqué et qui habite en lui et le guide au-delà des réponses aux énigmes, vers sa propre identité. Au départ léger et drôle, avec quelques envolées romanesques originales autour du dialogue Miller-Balthazar, le ton de ce roman psychologique et initiatique devient de plus en plus signifiant, chargé de révélations, jusqu’à la triple fin qui devrait surprendre les lecteurs.

 

Mes impressions :

 

Je tiens à remercier Pauline Thévenin-Lemoine de Médiagora chargée des relations Presse et les Éditions Persée pour l'envoi gracieux de ce roman.
Cela m'a permis de découvrir un auteur que je n'aurais peut-être pas lu.

 

Je dois dire que ce livre m'a surprise. Si au début j'ai eu du mal avec le langage cru de l'auteur, j'ai très vite été happée par l'histoire et la quête du personnage principal, Balthazar.

De roman léger il passe à un roman initiatique et hautement psychologique.
Mais analysons le !
Pourquoi ce titre ? Qui est Henry Miller, ? ; pour faire simple je dirai que Miller est un écrivain américain et ici le porte parole du subconscient de l'auteur. Pourquoi avoir choisi cet homme ? : parce qu'il a écrit des romans obscènes et on dit de lui qu'il a permis une révolution sexuelle. Balthazar a fait son éducation sexuelle en le lisant.
Balthazar est âgé aujourd'hui de la quarantaine, avec sa femme Marie et son fils Romain ils assistent à un mariage celui du fils de la meilleure amie de sa femme.
Dès les premières pages Balthazar décrit sa femme, son fils adolescent, sa vie de famille et critique le côté institutionnel du mariage qu'il ressent comme une réunion d'hypocrites.

Il a réussi sa vie professionnelle et familiale mais il n'est pas totalement heureux pour autant.
Le jour du mariage, une femme relativement belle et attirante s'adresse à lui. Elle lui dit qu'elle est son ange gardien. Cette rencontre va bouleverser sa vie !

Il faut dire que Balthazar aime les femmes, il a été même infidèle...

Au début de ce roman la pensée du sexe est pratiquement omniprésente.

Il s'aperçoit que sa vie n'est qu'une pale existence. Une parodie d'un mauvais film.

Il réalise qu'il est passé à côté de lui même, de sa vie et de celle des autres.

Il remonte au temps de son enfance, dans laquelle il ne se sent pas aimé, manque d'amour, où la préférence du père pour son autre fils, Thomas, le marquera. Il fait un saut dans le passé et se souvient....
Aujourd'hui il se remet en question, Qu'a t-il fait de sa vie ? Il souhaite vivre ses rêves, s'approprier sa vie, aller vers ses envies, ses espoirs, se prendre en main.
Il se détache peu à peu de Marie et de son fils et se rapproche de l'image d'Alma, cette mystérieuse femme. Il commence à douter de lui, il  se rend compte qu'il ne connait ni sa propre identité ni ses propres désirs.

Les lecteurs trouveront que cet homme est vraiment un goujat quand ce dernier quitte lâchement du jour au lendemain sa femme et son fils sans explication. Il part sans rien apporter , pas de papier, pas d'affaires personnelles ; il part pour se trouver, pour prendre sa vie en main, pour connaître ce qu'il veut en faire exactement, bref devenir lui même.

Il loue une chambre de bonne, au 6eme étage d'un immeuble dans lequel vivent des jeunes locataires. Sa logeuse est une amie de son ami Blaise. Il vit aux côtés de jeunes gens et des moins jeunes, personnes singulières qui lui apportent toutes quelque chose. Il apprend l'amour des autres, la solidarité et ses pensées vont vers Alma qu'il aimerait revoir...

 Il la croisera plusieurs fois ( par hasard ?) mais curieusement lui qui est porté sur les relations charnelles, ne verra pas en elle une femme avec laquelle il pourrait tromper Marie. Il ressent comme une communion. De plus elle sait beaucoup de choses sur la vie de Balthazar, ce qui l'intrigue. Serait-ce t-elle vraiment son Ange gardien ?
Aux fils des jours et aux côtés d'Alma il se sent existé.
Elle va modifier le regard de Balthazar sur les femmes et sur sa façon de les traiter presque comme des objets. Commence alors une lente métamorphose.
Les mois défilent, ponctués par les visites d'Alma, il se demande s’il ne tombe pas amoureux, mais elle est réticente au contact physique.
Il se sent désemparé mais curieusement lui qui bafouait l'acte sexuel, se rend compte que l'on peut aimer une femme sans forcément la posséder.

Cependant, les tentatives de tendresse et de rapprochement de Balthazar vers Alma échouent ; mais cela ne le blesse pas parce qu'il sent qu'il n'est pas attiré par Alma comme il l'était avec les autres femmes mais pourquoi ? Que cache t-elle ?
J'y vois moi un message de la part de l'auteur, celui du respect. Balthazar, commence à trouver que les femmes ne méritent pas l'attitude qu'il avait envers elles, avant sa rencontre avec Alma.
Il découvre avec Alma que « l'union sexuelle n'était donc pas le mode exclusif et inévitable du rapprochement. Et que l'on pouvait atteindre un très haut niveau de plaisir, de jouissance uniquement par l'activité spirituelle ».

Alma l'aidera d'ailleurs à croire en lui. Elle devient « une évidence précieuse et impérieuse » et se sent fusionner avec elle.
Le roman devient alors un voyage initiatique de Balthazar vers lui même. Le lecteur, comme Balthazar se demandent si la présence d'Alma est un mirage ou bien une réalité. La confusion est permise.

Balthazar essaie d'en savoir plus sur elle, sur ce qu'elle prétend être.
Pour en avoir le cœur net, il cherche à rencontrer sa mère...et là tout se met en place, de découvertes en découvertes, le puzzle de sa vie et de sa famille d'origine se construit peu à peu.

Henry Miller qui fait office de conscience de Balthazar, apparaît à de nombreuses reprises au début du roman puis se fera plus discret au fil des pages jusqu'à disparaître complétement...Balthazar « grandit ».
Il s'aperçoit également que la liberté n'est pas là où l'on croit et le regard des autres, le conformisme, n'ont plus autant de poids sur lui.
Puis à mesure que son ascension morale avance il repense avec quelques regrets à sa vie d'avant avec sa famille, il se questionne sur l'ampleur de son acte, sa fuite, sur le pourquoi du comment et sur les conséquences. Il devient moins personnel, moins égoïste mais il sait que pour son bien et celui de sa famille, il devait aller au bout de son désir, au bout de son choix.
On découvre peu à peu la vie passée de Balthazar et on comprend alors pourquoi il avait ce caractère et ce qui sans le savoir le brimait...Une fois découvert les secrets de famille, Balthazar se révèle être un humain attentionné, aimant et il devient l'homme que l'on ne soupçonnait pas. La carapace tombe.
La fin superbe que je ne vous dévoilerai pas, nous parle de dette, de reconnaissance, nous touche au plus profond de nous même, nous interroge sur la quête et le don de soi et le pardon.
Je note ce superbe passage qui correspond à un dialogue entre Balthazar et sa mère alors qu'elle est malade :

- « D'accord ! Tu ne veux pas attendre des choses comme ça, pourtant évidentes, et je te comprends.
Personne ne veut fréquenter la mort. Même celle des autres. On a trop peur qu'elle soit contagieuse...
 »

- « Tu as encore du temps, beaucoup de temps ».
-
« Le temps n'est à personne et personne ne peut rien contre lui. On croit, mais c'est faux. On dit stupidement « Tuer le temps », Alors que c'est lui qui nous tue, à petit feux. Il prends son temps. Le temps n'est pas pressé. Alors que pour nous, le temps presse. Sur les horloges, il est parfois indiqué : « toutes blessent, la dernière tue ».

 

Dès le début, le narrateur s'adresse aux lecteurs , il les met dans ses confidences, comme s'ils étaient physiquement présents. Il parle de son auteur fétiche, Henry Miller, écrivain qui n'a pas froid aux yeux quand il s'agit de sexe. Il nous parle du titre de son livre et nous en explique les raisons.

Au départ, le récit comportes des descriptions vulgaires et crues; ce qui m'a quelque fois dérangée car je ne m'attendais pas du tout à cela. Mais ce livre qui est le premier roman de Bernabe est assez bien écrit. Il mêle humour, amour, roman initiatique et psychologique avec un personnage entier, et tourmenté. Il met en avant aussi la crise de la quarantaine et les possibles conséquences. Cependant on sent bien que l'auteur est perfectionniste, il y a quelques longueurs, la tournure des phrases parfois trop longues, auraient pu être évitées, pour rendre le roman plus léger dans le style.

Ce qui m'a énormément plu c'est que Balthazar va au bout de ses attentes, de ses espoirs et qu'il assume ses contradictions : il aime encore Marie, il sait qu'il a mal agit en quittant sa famille mais il tente le coup car il sait qu'il en ressortira différent. Il prend le risque de tout perdre pour mieux se retrouver avec lui même. Il est quelque part courageux dans sa démarche profonde. Alors qu'il s'est conduit comme un lâche en quittant les siens, on finit par le trouver attachant....

A plus de 45 ans, Balthazar a fait du chemin et sort tout juste de sa période trouble qui a duré de longues années. Il devient lui même, éclaire les zones sombres de sa vie grâce à Alma.
Ce livre est dense, bien construit, il parle de l'espérance, de la solidarité, du pardon....tout ceci avec de nombreux rebondissements inattendus et donc très efficaces qui permettent aux lecteurs d'être tenus en haleine, dommage que les quelques longueurs alourdissent le style.
Un premier roman intéressant que je vous conseille.

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commentaires

Antoni 03/09/2012 10:53

Je ne connais pas cet auteur. C'est sympathique que certaines maisons d'édition nous transmettent des livres afin de les découvrir et de les présenter au plus grand nombre. J'en reçois
quelques-uns, à l'occasion. Je vais recevoir le dernier Coben cette semaine, normalement.

Mélusine 05/09/2012 09:06



Tu as de la chance



Alex-Mot-à-Mots 13/06/2012 10:11

L'auteur a voulu trop bien faire pour son premier roman...

Mélusine 14/06/2012 07:03



Sans doute oui...



Philippe D 12/06/2012 20:05

Bravo pour ton analyse, c'est bien fouillé. Tu ne laisses rien de côté, il me semble. Tu pourrais être critique littéraire...
Bonne soirée.

Mélusine 13/06/2012 07:49



Oh ! tu me fais rougir ! merci pour le compliment....Mais je ne pense pas avoir cette qualité necessaire mais non
suffisante pour exercer ce métier; mais j'avoue que cela me plairait bien. . Quand je lis certaines chroniques de la
blogosphère je trouve que je n'ai pas la dextérité de ceux qui les composent...
Bonne journée , à bientôt